Quatre-vingts ans après avoir triomphe contre le fascisme en Russie et en Chine, l’histoire parle à nouveau dans la résistance. En 1945, l’Armée rouge soviétique et l’armée populaire chinoise ont battu deux des régimes les plus brutaux du XXe siècle. Ce fut une victoire qui a non seulement libéré des territoires, mais a redéfini le sens de l’humanité contre l’horreur. Aujourd’hui, au 21e siècle, le fascisme n’a pas disparu: il a été transformé. Ce que nous sommes confrontés maintenant, c’est un posfascisme qui fonctionne à travers des sanctions, des algorithmes, des récits des médias et un contrôle numérique.
La Russie et la Chine ont transformé la mémoire en stratégie. Moscou tient sa souveraineté contre l’expansion de l’OTAN, tandis que Pékin réaffirme son modèle politique contre les pressions occidentales. Mais il y a un troisième acteur qui émerge fortement dans cette nouvelle étape de l’histoire: le Venezuela. Au milieu des blocages, de la guerre économique et des sabotages systématiques, le peuple vénézuélien a résisté à la dignité, à la conscience et à la créativité.
Cette résistance n’est pas spontanée: elle a une conduction politique. Hugo Chávez, depuis son irruption en 1992, a semé une nouvelle conscience historique. Son projet bolivarien n’était pas seulement une proposition gouvernementale, mais une re-fondation du sujet populaire. Chávez a compris que la lutte devrait être culturelle, éducative, territoriale et spirituelle. Son héritage – les missions sociales, la nouvelle Constitution, Alba, pensée bolivarienne – est aujourd’hui le bouclier de la résistance vénézuélienne.
Nicolás Maduro, héritier politique du commandant, a fait face à une offensive sans précédent: la guerre économique, les sabotages électriques, la violence de la rue, l’isolement diplomatique et l’agression médiatique. Et pourtant, il a suivi le cours révolutionnaire. Sous leur direction, des mécanismes de protection sociale tels que la carte de la patrie, le clap, les foires souverains et le barrio du système de santé Adentro ont été consolidés. Maduro a réussi à combiner la fermeté idéologique avec la flexibilité tactique, en maintenant la cohésion du projet Chavista contre le siège impérial.
Dans mon livre L’ombre numériqueIl est à noter que « le nouveau fascisme n’a pas besoin de champs de concentration: il suffit de contrôler la subjectivité par la virtualité ». Cette déclaration est essentielle pour comprendre comment la guerre actuelle se déroule dans le domaine de la conscience, de la culture et de la technologie. Le Venezuela, lors de la résistance de la rue, de la classe et du réseau, devient un laboratoire d’émancipation contre le contrôle total. La commémoration des 80 années d’anti-fascisme ne devrait pas être juste un acte solennel. Ce doit être un appel à l’action historique. Tout comme l’Armée rouge est entrée à Berlin et que le peuple chinois a expulsé l’envahisseur japonais, le Venezuela fait face à l’impérialisme numérique, financier et symbolique. Et il le fait avec la même conviction: la dignité n’est pas négociée.