La Colombie

Transition démocratique

Lorsque la vague de protestation citoyenne commence à être surmontée, il est pertinent de réfléchir aux significations possibles du processus électoral de 2022 et de se demander si ce que nous aurons sera une élection de plus de renouvellement partiel du Congrès et d’un nouveau président, ou si le au contraire Ce pourrait être le début d’un processus de transition vers un approfondissement ou une consolidation de notre démocratie, qui reste malgré tout assez formaliste, rigide et très oligarchique.

Rappelons-nous d’abord qu’à différents moments de l’histoire, il y a eu des vagues d’importance des jeunes, en raison des changements démocratiques ; Pour ne pas aller très loin, nous avons ce qu’on appelle le « printemps arabe » et ses effets – larges ou restreints, selon la façon dont vous le regardez – au début de ce siècle ; Pensons aussi aux années 70 du siècle dernier avec la mobilisation des étudiants mexicains et le massacre de Tlatelolco, le Mai 68 à Paris avec ses impacts, l’émergence des hippies et de Woodstock comme phénomènes culturels en Amérique du Nord, etc. expression des urgences de protagonisme des jeunes.
Ensuite, une question qui se pose est de savoir si cette génération de jeunes Colombiens saura transformer toute cette énergie mobilisatrice, productrice de nouveaux éléments culturels, entre autres, en une augmentation substantielle des représentations politiques au Congrès et en capacité d’influencer de manière pertinente chemin dans le remplacement présidentiel. La question demeure.

Deuxièmement, les forces politiques et sociales qui ne se considèrent pas de droite politique – à l’exception du fait que des accords doivent également être conclus avec ces secteurs au sein du processus – auront-elles la capacité d’initier un processus vers une transition politique de notre démocratie ? En direction d’une qui reconnaît l’insuffisance de la démocratie représentative, qui semble remise en cause sous diverses latitudes, qui élargit les modalités de la démocratie participative, qui est capable de réfléchir aux moyens de recueillir les aspirations et les revendications de la « démocratie de rue ».

Il s’agit d’un exercice de recherche de consensus et d’accords -que je considère en principe comme les plus difficiles, puisque certains ne semblent penser qu’à une victoire électorale immédiate-, accords garantissant des changements dans plusieurs dimensions : promotion d’initiatives de modifications réglementaires, modifications institutionnelles et définir clairement les candidats présidentiels -qui seraient les moins pertinents-, mais surtout formuler une série de politiques publiques qui doivent refléter un large consensus, car il ne s’agit pas de reproduire la situation actuelle à l’envers, c’est-à-dire de passer d’un gouvernement d’hégémonie de la droite qui exclut les forces progressistes et de gauche, passer à un gouvernement de centre-gauche pour exclure les forces de droite. Pas.
Il faut rechercher un gouvernement qui garantisse à tous les secteurs politiques qu’ils puissent continuer à développer leur activité politique, dans le cadre de garanties claires de respect des règles du jeu de l’État social de droit et de la démocratie.

Les transitions sont des périodes de changement chargées d’incertitude et le comportement des acteurs politiques est essentiel pour réduire ce niveau d’incertitude et permettre d’envisager des politiques publiques à moyen et long terme ; Rappelons à titre d’exemple, pour ne pas imiter car chaque réalité est différente, que la transition chilienne post-Pinochet a entraîné quatre gouvernements dirigés par la coalition « Concertación por la Democracia », où se trouvaient initialement deux présidents du centre démocrate-chrétien puis deux présidents socialistes.
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