De l’avis de Pedro Luiz Côrtes, si le gouvernement obtient une décision favorable, cela pourrait générer une série d’actions en justice, en plus de créer de l’instabilité parmi les entreprises actionnaires d’Eletrobras

Le gouvernement fédéral souhaite élargir sa participation au Conseil Eletrobras. Même avec 43 % des actions, il ne détient que 10 % des voix, comme les autres actionnaires majoritaires. Ce nombre a été défini lors des discussions sur la privatisation de l’entreprise et, pour modifier la proportion des voix, le gouvernement a demandé à l’Avocat général de l’Union (AGU) d’intenter une action en justice auprès du Tribunal fédéral.
Ce maximum de 10 % est inclus dans le Loi 14.182/21, appelée loi de privatisation d’Eletrobras. Selon Pedro Luiz Côrtes, directeur de l’École des communications et des arts (ECA) et de l’Institut de l’énergie et de l’environnement (IEE) de l’USP, « [a lei] c’était fait pour réduire le risque qu’un groupe privé prenne le contrôle de cette entreprise, qui est stratégique pour le pays, c’est donc ça le concept de société : aucun associé n’a un très grand nombre de voix, justement pour l’empêcher d’avoir une prédominance dans les conseils ».
Discussions sur la privatisation
Dans l’analyse de Côrtes, la demande du gouvernement pourrait générer des impacts internes : « La privatisation d’Eletrobras, qu’on le veuille ou non, a été largement discutée au Congrès et je crois notamment qu’il sera difficile de revenir en arrière au sein de la STF ; si le gouvernement obtient une décision favorable, cela pourrait en fait générer une série de procès et créer de l’instabilité parmi les sociétés actionnaires d’Eletrobras ».

Pour lui, une issue possible serait de changer des points précis, les soi-disant « jabutis », inclus dans la privatisation : « Par exemple, l’obligation de construire des gazoducs pour les centrales thermoélectriques situées dans des régions éloignées, sans que cela soit le résultat de la planification stratégique. Autrement dit, des centrales thermoélectriques à gaz seront construites à certains endroits où il n’y a pas d’infrastructure de distribution de gaz et la construction de ces gazoducs incombera au gouvernement. Ceci est un exemple de l’une des tortues qui ont été promulguées. Je pense que l’accent devrait être mis sur l’élaboration d’une politique énergétique qui donne la priorité à cette production d’électricité à partir de sources renouvelables ».
Le professeur explique que les mesures les plus récurrentes sont ponctuelles et sont loin de constituer des politiques énergétiques et des politiques publiques : « Je ne vois aucune chance de succès à cette élection gouvernementale, justement parce qu’elle crée une instabilité juridique et, en attendant, nous avons perdu l’occasion ou nous cessons de regarder vers l’avenir pour créer des politiques publiques qui font la différence pour l’avenir ».
Désarticulation
La composition du conseil d’administration d’Eletrobras est déjà fixée, ce qui rend inefficace la tentative de le modifier par l’action du Tribunal fédéral, comme le soutient Côrtes : « La chance d’essayer de changer cela via le STF, je considère surtout une tentative déjà infructueuse. , il ne me semble pas que la STF donnera un avis favorable à cette réclamation. Comme je l’ai dit, cela crée une incertitude juridique ». Le spécialiste ajoute que le débat avec le Congrès doit prévaloir : « Cela doit être discuté au Congrès, avec le Congrès, dans des projets de loi largement débattus, où le gouvernement a la garantie que ses revendications seront au moins minimalement suivies ou approuvées. . Essayer via le STF, c’est en quelque sorte mépriser ce qui s’est fait au Congrès, sans articulation politique et sans conversation ».
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