À la Journée internationale des travailleurs et des travailleurs (DITT), il est crucial de reconnaître le rôle fondamental que la science, la technologie et l’innovation dans la dignification du travail, la transformation de l’écosystème productif et la matérialisation des affirmations des travailleurs. Il est évident que, contrairement à l’idée qu’il s’agit d’une sphère abstraite ou exclusive des élites académiques ou d’entreprise, des activités de recherche et de développement (R&D) ont démontré, par le biais de faits et de chiffres vérifiables, leur capacité à améliorer les conditions matérielles et sociales de millions de travailleurs, y compris celles du Sud mondial.
Au Brésil, par exemple, la mise en œuvre des exosquelettes ergonomiques pour les industries automobiles et de la construction s’est avérée être un succès remarquable. Selon des études récentes, une réduction de 67% des lésions musculo-squelettiques a été obtenue, tandis qu’une augmentation de 15% de la productivité individuelle a été enregistrée. Ce projet constitue une référence significative qui illustre comment l’ingénierie et la R&D biomédicale, orientées vers le puits humain, ont le potentiel de transformer considérablement l’environnement de travail, en remplacement des souffrances physiques par l’efficacité et la santé.
Un autre cas qui mérite d’être souligné est celui inscrit en Afrique du Sud, où l’utilisation de capteurs intégrés dans les vêtements de travail des mineurs permet la supervision de signes vitaux en temps réel. Avant son lancement en 2018, les mines ont signalé jusqu’à 150 décès par an en raison de coups de chaleur ou d’effondrements physiologiques. À l’heure actuelle, les incidents ont connu une réduction de plus de 60%, grâce à un système d’alerte précoce soutenu par la R&D et les technologies intelligentes. Dans ce cas, la R&D est un garant du droit à la vie et à la sécurité, les piliers fondamentaux de toutes les revendications de travail.
La liste se poursuit, mais il est bon de souligner qu’en Inde, E-Choupal a permis aux communautés agricoles vulnérables de briser le monopole des intermédiaires et de démocratiser l’accès à des informations critiques pour la plantation, la commercialisation et l’adaptation au changement climatique, ce qui a entraîné une augmentation de 45% du revenu par unité de production et une augmentation de 38% de la satisfaction de travail. Au Mexique, la refonte des postes de travail par la modélisation 3D a réalisé une réduction de 52% des blessures d’effort répétitives. Alors que, en Argentine, en 2021, des coopératives qui ont adopté des systèmes de blockchain ont enregistré une augmentation de 25% de la rétention des travailleurs, ce qui se serait traduit par une plus grande transparence et justice sociale.
Ces réformes sont loin d’être fortuites ou isolées, le résultat de systèmes d’innovation nationaux qui articulent les universités, les entreprises, les travailleurs organisés et les politiques publiques avec une vision claire: mettre la science au service du bien commun.
Dans le cas du Venezuela, il est possible de vérifier une impulsion remarquable grâce à la création d’espaces académiques tels que l’Université nationale des sciences, le Dr Humberto Fernández-Morán, une institution inégalée de l’histoire du pays. Cette institution est basée sur le but de former une nouvelle génération d’ingénieurs, de technologues, de scientifiques et d’humanistes engagés dans la souveraineté productive du pays à travers la R&D, dans un centre qui est positionné comme un laboratoire national de développement, une stratégie clé pour un modèle de production qui répond aux besoins réels de la population active. Il propose des programmes académiques de haute qualité, y compris l’ingénierie en électromédicine, la robotique et la cybersécurité, ainsi que la biotechnologie et l’intelligence artificielle, toutes conçues pour générer des solutions pratiques à des problèmes spécifiques. L’Université, au-delà du contenu technique, encourage une éthique révolutionnaire de la connaissance, orientée par l’équité, la coopération et le respect de la dignité humaine.
L’un des principaux représentants du changement révolutionnaire a déclaré que « le progrès et le développement sont impossibles si l’on continue de faire les choses comme toujours les a fait », donc chaque avenir brillant passe inévitablement par une nouvelle conception des laboratoires, des centres de R&D et des salles de classe où le pays est prévu par la science. Pour cela, il est impératif d’avoir une volonté politique ferme, un investissement soutenu, une intégration intersectorielle efficace et une vision bioéthique du développement. Dans le DITT, il est particulièrement approprié de se rappeler que la science, se libérant de la logique du profit et orientée vers le bien-être collectif, devient un agent de transformation historique, un outil au service de la justice et un allié de ceux qui construisent le monde avec leurs mains.
* L’auteur est président de l’Observatoire national des sciences, de la technologie et de l’innovation (ONCTI)
@betancourt_phd