Il existe un crime qui, au Venezuela et sûrement dans d’autres pays, bénéficie de l’impunité. Il s’agit d’un comportement interdit qui passe inaperçu dans la vie quotidienne de la fonction publique, mais qui entraîne une sanction punitive. Elle sanctionne des comportements répandus dans l’insignifiance de la vie quotidienne au sein de l’administration publique, ou ce qui est communément perçu comme un mauvais usage coutumier des biens de l’État.
Avant 1982, cela ne constituait pas un délit, ce qui permettait à de nombreux agents publics de l’époque de les utiliser illégalement au profit de leurs intérêts personnels ou de ceux de tiers. Depuis la loi organique de sauvegarde des biens publics de 1982, est puni tout fonctionnaire ou toute personne qui utilise des travailleurs, des véhicules, des machines ou des matériaux destinés à un organisme public dans des travaux ou des services à caractère privé.
Cependant, les fonctionnaires ont continué, après la promulgation de la loi de sauvegarde et maintenant avec l’actuelle loi contre la corruption, à utiliser à leur profit personnel ces biens qui s’étendent aujourd’hui comme objet matériel à tous les biens du patrimoine public, à l’exception de l’argent.
Ce délit est appelé détournement d’usage et sa règle interdit à l’agent public, pour un bénéfice privé ou à des fins contraires à la loi, d’utiliser ou de permettre à une autre personne d’utiliser les biens publics dont l’administration, la possession ou la garde lui a été confiée.
C’est enfin le cas du domestique qui, par exemple, fait appel à un ou plusieurs agents de l’État pour construire ou réparer son logement privé. C’est également la situation du fonctionnaire qui se voit attribuer un véhicule de fonction pour l’exercice de sa fonction et l’utilise pour se rendre à la plage en famille ou pour faire des achats personnels au supermarché ou pour se déplacer en dehors de ses fonctions. Il doit y avoir un budget pour une utilisation temporaire et la volonté de restituer ou de restaurer le bien public utilisé. Il s’agit donc des innombrables utilisations ou exploitations que le fonctionnaire fait des biens publics dans l’intérêt privé.
Or, l’argent n’entre pas dans ce délit de détournement d’usage. L’agent public qui prend de l’argent de l’État, même avec l’intention de l’utiliser momentanément puis de le restituer, ou de consentir lui-même un « prêt » sans que personne ne le prenne en flagrant délit, commet un détournement par appropriation. C’est un voleur !