Une ordonnance municipale punit l’obstruction des rues et des trottoirs

À Caracas, l’Ordonnance pour la coexistence citoyenne, la civilité et la justice de paix communautaire de la municipalité de Libertador punit l’entrave à la circulation des véhicules et des piétons avec des sanctions qui peuvent aller du travail communautaire à une amende de 30 euros.

L’outil juridique définit l’obstruction des voies publiques au chapitre III comme l’une des infractions commises contre la coexistence, qui sont à leur tour classées comme conduites contraires à la coexistence citoyenne à l’article 17, qui indique que ceux qui commettent des actes interdits sont soumis à l’application des mesures prévues dans l’ordonnance.

Articuler. L’article 19 de l’ordonnance est entièrement dédié aux comportements qui entravent la libre circulation des piétons et des véhicules. Dans cet article, sont considérées les violations de cette zone « celles commises intentionnellement par l’utilisation ou la disposition d’objets mobiles, ainsi que de toute structure sur les voies de circulation des véhicules ou des piétons », précise le texte.

Parmi les délits les plus courants que subissent quotidiennement les habitants de Caracas, le règlement énumère la réalisation d’activités économiques, sportives, culturelles, religieuses ou toute autre activité sur les trottoirs, les avenues ou les boulevards, sans autorisation appropriée ; gêner la circulation des véhicules en chargeant ou en déchargeant des marchandises dans des zones ou à des horaires non autorisés ; stationner les véhicules automobiles à deux roues ou plus sur les trottoirs ou les sentiers piétonniers ; entraver intentionnellement le libre transport en commun et la libre circulation des piétons sans autorisation appropriée.

A cela s’ajoutent les actes contraires au nettoyage des espaces publics, décrits à l’article 29, parmi lesquels le jet de débris dans les lieux d’usage public ou l’abandon de ferraille et d’objets similaires sur les routes, qui tendent également à provoquer des blocages dans les rues et les trottoirs.

Plaintes. Dans la capitale, certaines des plaintes reçues le plus souvent au siège du Service de police communal affecté à la Police nationale bolivarienne sont liées à l’utilisation d’obstacles sur les trottoirs. Les personnes les plus touchées sont les personnes âgées, les personnes handicapées et les mères de famille qui sont obligées de descendre dans la rue, en concurrence avec la circulation, pour éviter les objets avec lesquels certaines personnes bloquent leur passage.

En général, ils réclament une signalisation pour identifier les commerces, ainsi que les voitures et motos garées au milieu d’une rue piétonne, les ateliers de mécanique improvisés sur les trottoirs, etc. De même, ils ont dénoncé l’utilisation de tapis, caoutchouc, barrières et autres sur les routes pour réserver une place de stationnement, empêchant la libre circulation des véhicules.

L’ordonnance, dans son article quatre, détermine quelles sont les autorités compétentes pour son application. La liste comprend, outre la police communale, le maire, les conseillers, la police de Caracas, les juges de paix communaux, les porte-parole des conseils communaux et des Maisons de coexistence, civisme et paix situés dans la municipalité de Libertador, et le Bureau municipal de coexistence citoyenne, civisme et justice de paix communale situé à l’angle de La Palma, dans la paroisse de Santa Teresa.

Toute personne a la responsabilité de signaler à ces autorités toute infraction dont elle a connaissance.

Les règlements favorisent le dialogue et la réflexion, et établissent des formules alternatives de résolution des conflits à travers des pourparlers de sensibilisation, dans le but de générer une prise de conscience.

Sanctions. Comme le dit clairement la règle, « la personne qui adopte l’un des comportements mentionnés ci-dessus sera sanctionnée d’une amende équivalente à trente fois le taux de change officiel de la monnaie la plus élevée fixée par la Banque centrale du Venezuela, ou pour l’accomplissement d’une des tâches communautaires ».

En ce sens, le contrevenant devra payer un total de 30 euros au taux fixé le jour même par la Banque centrale du Venezuela.

Alternative. L’ordonnance propose une alternative pédagogique qui est le travail communautaire. L’article 42 détaille ces tâches, qui visent à « former les citoyens, corriger les comportements et réparer les dommages causés, ainsi qu’à renforcer l’éducation citoyenne ». Il s’agit notamment du nettoyage, de la peinture ou de la restauration d’écoles, de places, de centres de santé et de sièges d’organismes publics, effectués pendant une période de 20 heures fractionnées ; collaboration aux soupes populaires et aux organismes de sécurité sociale de la Mairie ; l’exercice d’activités pédagogiques liées à l’infraction commise, entre autres.

Le règlement précise que « dans le cas où le contrevenant ne respecte pas les travaux d’intérêt général imposés, l’amende correspondant à l’infraction commise sera annulée », prévient l’article 42. Et s’il ne respecte ni l’un ni l’autre des deux, l’affaire sera portée devant la juridiction spéciale de la justice de paix communale.

La législation en détail

  • Urgence et santé. Dans l’article 19, paragraphe quatre, l’Ordonnance pour la coexistence citoyenne, la civilité et la justice de paix communautaire de la municipalité de Libertador recommande également d’éviter l’obstruction des sorties de secours ou des entrées principales des centres de santé, des centres éducatifs, des institutions officielles, des garages et des parkings publics ou privés.
  • Transports publics. De même, les dispositions de l’article 19, numéro six, interdisent l’embarquement ou le débarquement des passagers des transports à usage public ou privé dans des lieux non prévus à cet effet afin d’éviter toute obstruction à la circulation automobile.
  • Motos. Dans l’article 21, qui régit les actes contraires à la circulation et aux transports terrestres lors de la conduite de motocyclettes, il est interdit de circuler sur les trottoirs, boulevards, places, pistes cyclables et espaces non destinés au transit de motocyclettes.
  • Programmes de sensibilisation. L’article 11 définit les activités et programmes d’éducation ou d’orientation des citoyens, liés aux délits ou infractions commises, dans le but de sensibiliser le contrevenant au bon comportement.