Le Brésil

Bolsonaro arrive aux États-Unis pour s’adresser à l’ONU

São Paulo – Le président Jair Bolsonaro a débarqué, dimanche soir dernier, à New York, pour participer à l’Assemblée générale des Nations Unies (ONU), mardi prochain (21). Sans prendre le vaccin covid-19, Bolsonaro arrive isolé politiquement.

Hier encore, le président a été reçu en protestation à l’hôtel Intercontinental Barclay, où il séjourne. Avec des banderoles des «Fora Bolsonaro» et aussi contre les militaires, Bolsonaro a été contraint d’entrer par la porte arrière de l’hôtel. En 2019, la dernière fois qu’il était dans la ville américaine, Bolsonaro a rencontré des manifestants pour et contre son gouvernement.

Sans avoir été vacciné, Bolsonaro est arrivé aux Etats-Unis sous polémique. À New York, une preuve de vaccination est obligatoire pour accéder à divers endroits, dont les restaurants. En revanche, l’ONU a autorisé le président brésilien à accéder au bâtiment et à faire son discours, mais il sera obligé de suivre des protocoles sanitaires.

La ville de New York a même envoyé une lettre au président de l’Assemblée générale de l’ONU demandant que les participants se fassent vacciner. Abdulla Shahid a soutenu l’idée et a soumis la demande au secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, qui a déclaré qu’il ne pouvait pas arrêter les chefs d’État.

Bolsonaro isolé à l’ONU

Bolsonaro arrive pour son troisième discours à l’Assemblée. Sans le soutien de l’ancien président des États-Unis Donald Trump et avec une image ternie, après un discours anti-diplomatique en 2019, on s’attend à ce que le président de la République présente sa fausse version « modérée ».

La perspective est que le président du Brésil cherchera à inverser une crise d’image internationale en abordant des exemples d' »avancées » environnementales dans son administration, pointant du doigt l’augmentation du taux de vaccination et le recul de la pandémie parmi les Brésiliens.

Selon le journaliste Jamil Chad, en Uol, le nom de Bolsonaro est associé à des plaintes, des dénonciations et des ironies dans les couloirs de l’ONU. Il dit que le chef de l’Etat brésilien a sa réputation « détruite » et le ridiculiser est devenu la « nouvelle norme » dans les conversations entre ambassadeurs.

En seulement deux ans et demi de gouvernement, Bolsonaro a été la cible de 32 lettres et communications de rapporteurs indépendants de l’ONU dénonçant les violations des droits humains commises par le gouvernement. Les communications, gardées confidentielles pendant des mois, font référence à des sujets tels que les violences policières, les pandémies, la dictature, la presse, le logement, l’éducation, le racisme et bien d’autres.

Plage de temps

Tout en cherchant à apaiser la crise internationale, Bolsonaro profitera également de l’événement pour soulever l’un des agendas de son gouvernement : l’approbation par la Cour suprême fédérale (STF) du calendrier, qui limite la démarcation des terres indigènes aux territoires occupés par des groupes en 1988. De plus, il doit prêcher la liberté d’expression de droite dans les réseaux sociaux et les valeurs chrétiennes et conservatrices.

Le texte est soumis au vote de la Cour suprême depuis des semaines et remet en cause la reconnaissance ou la négation du droit le plus fondamental des peuples autochtones : le droit à la terre. Des milliers d’autochtones campent à Brasilia pour faire pression sur les ministres afin qu’ils arrêtent le projet.

« La thèse du cadre temporel signifie la constitutionnalisation d’une idée colonisatrice par rapport aux peuples originaires », conteste l’avocat indigène Ivo Cípio Macuxi, du Conseil indigène de Roraima. « L’adoption du cadre temporel, c’est ignorer toutes les violations auxquelles les peuples autochtones ont été et sont soumis. Le moment est venu pour cette Cour de réaffirmer les droits des peuples autochtones », a déclaré Luiz Eloy Terena, coordinateur juridique de l’Articulação dos Povos Indígenas (Apib).

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