Fin 1854, l’île Aves, dont la superficie est de 4,5 hectares dans la mer des Caraïbes, fait l’objet d’un différend entre le Venezuela et les États-Unis. La cause en était l’exploitation illégale du guano par des citoyens américains. Le gouvernement vénézuélien, présidé par José Gregorio Monagas, a envoyé une garnison militaire dirigée par le colonel Domingo Díaz pour mettre fin à de telles activités. Le responsable a informé les Américains que leurs actions illicites seraient suspendues mais les commerçants ont demandé de continuer l’exploitation jusqu’à ce qu’ils compensent les dépenses de la société Lang et Delano de Boston. Díaz, après avoir reconnu la souveraineté vénézuélienne sur l’île, a accepté que les représentants DH Lang et WN Gibbs ne sortent que le guano nécessaire pour charger les trois navires qu’ils avaient ancrés.
Toutes ces activités représentaient une rupture du contrat de PJ Wallace avec le gouvernement pour l’extraction du guano. En 1855, la légation des États-Unis demanda le renouvellement du contrat annulé et une indemnisation pour les expulsés. Cependant, Wallace avait transféré ses droits sans consulter les maisons de commerce de Philadelphie Shelton, Sampson et Tappan. Charles Eames, chargé d’affaires des États-Unis, réclame 500 000 pesos uniquement pour les dommages causés aux entreprises et demande d’autres réparations pour les expulsés. En 1856, le Venezuela conclut un autre contrat avec Wallace, mais cela ne calma pas les ambitions nord-américaines. Charles Eames lui-même a revendiqué l’île comme propriété des États-Unis, ce que le Venezuela a refusé en vertu du concept d’utis possidetis et du rejet de l’accord Wallace cédant les droits territoriaux.
Le diplomate Eames a demandé une intervention militaire sur l’île auprès du Département d’État. D’autre part, l’ambassadeur du Venezuela à Washington, Florencio Rivas Urrutia, était chargé de démontrer les droits nationaux sur le lieu. Le règlement final fut l’accord du 4 janvier 1859 par lequel le Venezuela paya 130 000 pesos, dont 105 000 pour les entreprises de Philadelphie et 25 000 pour Lang et Delano de Boston. Le paiement avait un intérêt annuel de 5% et fut finalement annulé le 31 décembre 1864 en échange de l’abandon par les États-Unis de toutes revendications sur l’île Aves.