L’hôpital Vall d’Hebron de Barcelone, en Espagne, a réalisé avec succès la première greffe de visage au monde à partir d’un donneur ayant demandé l’euthanasie. L’opération, considérée comme sans précédent dans l’histoire de la médecine, a permis de restaurer la fonctionnalité du visage de Carme, une femme qui souffrait d’une grave nécrose suite à une infection bactérienne.
L’intervention, réalisée il y a quatre mois, a impliqué une centaine de professionnels de différentes disciplines médicales et fait partie d’un domaine encore expérimental, où seules 54 greffes de visage ont été réalisées dans le monde. En Espagne, six d’entre eux, trois dans la Vall d’Hebron.
Le cas se distingue non seulement par sa complexité technique, mais aussi par son contexte éthique et social : la donneuse, en plus de renoncer à ses organes et tissus, a proposé de faire don de son visage, ce qui a permis d’élaborer des guides personnalisés avec planification 3D pour garantir la meilleure fonctionnalité possible.
La procédure donne au patient la capacité de parler, de manger et de respirer normalement, en plus de retrouver une sensibilité au niveau de la zone de transplantation, ce qui marque une étape importante dans la chirurgie reconstructive, ont rapporté les médias locaux.
Une greffe inédite et complexe
L’équipe médicale de Vall d’Hebron a expliqué que l’opération consistait à transplanter de la peau, du tissu adipeux, des nerfs périphériques, des muscles et des os du visage, en utilisant des techniques de microchirurgie neurovasculaire. L’objectif était de garantir non seulement l’apparence, mais aussi la fonctionnalité et la sensibilité du visage. La patiente, Carme, a rapporté qu’avant l’intervention, elle ne pouvait pas ouvrir la bouche, bien respirer ou effectuer ses activités quotidiennes. Après la greffe, il assure que sa vie a changé : « Je peux parler, je commence à manger, j’ai une sensibilité au niveau de la zone de greffe, je peux boire, prendre un café. Cela ne me dérange pas de sortir et je peux mener une vie normale. »
Sélection rigoureuse des patients et des risques
Les greffes de visage sont considérées comme des procédures expérimentales et nécessitent une autorisation au cas par cas. La sélection des candidats comprend des critères médicaux stricts, ainsi que des évaluations psychologiques et sociales pour garantir leur adaptabilité. Des études internationales indiquent que la survie à cinq ans après ce type d’opération est de 85 % et la survie à dix ans est de 74 %. Cependant, des risques tels que le rejet chronique du greffon et la nécessité d’une immunosuppression à vie demeurent, en plus de l’impact émotionnel de vivre avec un nouveau visage.
L’Espagne et le leadership dans les greffes du visage
Depuis la première intervention partielle en France en 2005, un peu plus d’une cinquantaine de greffes de visage ont été réalisées dans le monde. L’Espagne a été l’un des pays pionniers, avec six opérations, dont trois dans la Vall d’Hébron, dont la première greffe totale du visage en 2010. Le nouveau cas renforce le rôle de l’hôpital de Barcelone comme référence internationale dans ce domaine, en ajoutant une étape unique : la première greffe du visage réalisée avec des tissus faciaux donnés par une personne euthanasiée.