La justice du Pérou a imposé ce mercredi une ordonnance empêchant le départ du pays pendant 36 mois à la cheffe de l’opposition Keiko Fujimori, son ex-mari et six autres personnes collaborant avec son parti, Fuerza Popular, dans le cadre de l’enquête ouverte contre elle pour le crime de blanchiment d’argent.
« Le juge Víctor Zúñiga, chef du quatrième tribunal d’instruction de l’Audience nationale, ordonne une interdiction de sortie du pays de 36 mois à l’encontre de Keiko Fujimori, Jaime Yoshiyama, Mark Vito Villanella et d’autres, dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent », a annoncé le Compte Twitter du pouvoir judiciaire du Pérou.
Le leader Fujimorista, qui a déjà été en détention provisoire à deux reprises, est accusé de blanchiment d’argent, un crime lié à l’affaire « Cocktails » pour des contributions illégales présumées lors des campagnes électorales de 2011 et 2016.
En outre, le juge a ordonné une série de règles de conduite pour Fujimori et les autres enquêtés, comme l’interdiction de changer de domicile fiscal sans autorisation judiciaire préalable et de ne pas communiquer avec le reste des prévenus, témoins ou experts.
Quelques mesures pour le début de son procès oral, que le magistrat devra annoncer dans les prochains jours.
Enfin, il impose une caution économique à l’ex-mari de Fujimori, Mark Vito Villanella de 10 000 soles (2 700 dollars), entre autres.
Mais le pouvoir judiciaire n’a pas accédé à la demande du parquet d’imposer une surveillance judiciaire au parti Fuerza Popular.
L’affaire « Cocktails » compte 41 implications présumées et est liée au blanchiment d’argent autour de l’entreprise de construction Odebrecht pour des contributions présumées à des campagnes politiques et a fait l’objet d’une enquête par l’équipe spéciale Lava Jato du ministère public du Pérou.
Fujimori fait face à une demande de 30 ans de prison, selon l’hypothèse du procureur José Domingo Pérez, qui la désigne comme la dirigeante d’une organisation criminelle qui opère au sein de son parti politique.