L’académie après 3-E

Nous l’avons déjà dit : le 3 janvier 2026 a marqué une étape importante dans la vie des hommes et des femmes vénézuéliens. Plusieurs domaines de la vie quotidienne ont changé et une attente permanente tient en haleine nombre de nos compatriotes. L’académie de notre pays, engagée pour la Patrie, d’individus formés dans des salles de classe qui, malgré les adversités passées et futures, encouragent encore la critique intellectuelle et qui, au cours des dernières décennies, a donné naissance à des hommes et des femmes qui analysent la réalité sans dissimulation, sans vêtements ni idéologies, a été l’un des secteurs dont les fondations ont été les plus durement ébranlées.

Je ne parle pas des politiques publiques en matière d’éducation, mais d’étudiants, d’enseignants, de chercheurs, bref de professionnels académiques concernés et, je le répète, engagés, qui reconfigurent leurs paradigmes épistémiques, se retrouvent à adapter leurs connaissances antérieures, à revoir dans l’urgence la pertinence des théories qu’ils ont utilisées jusqu’à présent, étant donné que la réalité, telle que nous la connaissions avant 3-E, a radicalement changé.

Deux pratiques académiques doivent être repensées de toute urgence. Tout d’abord, l’enseignement universitaire. Nous avons déjà remarqué le défi de l’enseignement lorsque son ancrage sûr (et confortable) dans la réalité est remis en question. Nous sommes déjà issus d’une tradition de classes qui n’ont que peu ou rien de lié à la réalité sociale et politique immédiate.

La même chose se produit avec la recherche universitaire. Je fais référence à des articles, des études, des conférences, des congrès, bref à d’innombrables pratiques avec une habitude longue et accentuée d’ignorer ce qui est immédiat, ce qui est proche, ce qui nous affecte réellement en tant que citoyens d’un pays assiégé.

Cependant, face à cela, persiste la peur qui, avant comme aujourd’hui, nous empêche d’assumer la réalité sociopolitique comme domaine d’étude : la prétendue objectivité scientifique et la peur de politiser les universitaires.

Mais nous savons déjà que la pensée critique surgit dans les crises vécues par la société dans laquelle nous vivons. Comme le dit Dussel, nous devons quitter « l’idéalisation abstraite de l’espace vide de la physique newtonienne » ou « l’espace existentiel de la phénoménologie » qui sont des lieux naïfs, irréels et non conflictuels. Nous devons assumer le territoire qui doit être formé comme objet d’étude le plus urgent de l’académie : la réalité vénézuélienne transformée le 3 janvier 2026.

IG : @ajunez_profesor