Le boiteux illustré vénézuélien

Le conseil d’administration d’El Cojo Ilustrado s’est efforcé de renforcer les valeurs nationalistes à travers la connaissance historique, artistique et patrimoniale du pays : « Une nouvelle entreprise qui cherchait à influencer de manière décisive les coutumes, à servir de manière désintéressée les annales nationales, à démontrer aux amis et aux étrangers l’état de la culture de nos classes éclairées. »

C’est pourquoi, face aux soulèvements militaires qui ont caractérisé le XIXe siècle vénézuélien – en particulier ceux vécus par ses éditeurs, la première année de sa fondation, dans le cadre de la Révolution légaliste, dirigée par Joaquín Crespo –, ils ont établi pour renforcer la mission éducative proposée : « Même si El Cojo Ilustrado est né presque en même temps que la situation politique désastreuse qui a causé tant de tort à la Patrie, et a été victime du désarroi économique qui a partout blessé les intérêts de toutes sortes, il » est simplement « Je dois avouer que le magazine a mérité des applaudissements généraux dès son premier numéro et qu’il a été soutenu avec ténacité.

Des expressions lapidaires, bien que très significatives, sur le projet vénézuélien ont été exprimées par les rédacteurs du bihebdomadaire ; bien que son premier éditorial ait clairement exposé ses objectifs patriotiques. Par exemple, pour stimuler les talents nationaux, les rédacteurs de ce journal ont prévu des concours pour les meilleurs dessins qui « représentent des personnages, des coutumes et des bâtiments nationaux, pour lesquels un concours mensuel a été ouvert ». Bien qu’ils aient également demandé du matériel photographique de cette nature.

L’objectif central de la directive n’était pas seulement de promouvoir les talents nationaux, mais aussi de montrer à l’étranger « les usages et les progrès de notre patrie ». Il est de la plus haute importance de souligner que le corps dirigeant, loin de promouvoir un esprit patriotique, aspirait à une image moderne du pays afin de neutraliser à la fois les nouvelles nationales désastreuses reçues sous d’autres latitudes et l’imaginaire eurocentrique de Notre Amérique elle-même : « Les éditeurs souhaitent ardemment que les pages de cette publication consacrées au texte soient une palenque où brille de préférence le talent national ; leurs productions pour valoriser ce travail de progrès.