Le Brésil

Le président m’a appelé… il a le sentiment

São Paulo – Les développements de l’affaire Milton Ribeiro semblent avoir échappé au contrôle du gouvernement Jair Bolsonaro. Même avec l’ingérence dans la police fédérale en faveur de l’ancien ministre de l’Éducation, soulignée par le délégué Bruno Callandrini lui-même, qui a dirigé l’opération Acesso Paigo, le Planalto ne peut couvrir tous les fronts pour étouffer l’affaire. La Cour fédérale de Brasília a envoyé ce vendredi (24) l’enquête à la Cour suprême fédérale (STF). La justification du recours devant la plus haute juridiction du pays est précisément l’ingérence dans l’enquête qui, selon les soupçons, vient « d’en haut ».

Le juge fédéral Renato Borelli cite des conversations téléphoniques de Ribeiro interceptées dans le cadre des enquêtes. Dans les dialogues, l’ancien ministre laisse entendre qu’il était au courant du travail des enquêteurs. Mais informé par qui ? Selon le juge, il y a « un constat d’implication d’autorités dotées de prérogatives juridictionnelles, dont la Présidence de la République ».

« Tous marchant, tous marchant. Maintenant, vous devez attendre », déclare Milton Ribeiro dans une conversation enregistrée révélée par le portail g1. « Certaines questions sont en train d’être résolues par la miséricorde divine : le commerce des armes à feu a été résolu. Ce mensonge, ils ont dit que les bus étaient trop chers au FNDE aussi. Maintenant, la question des pasteurs va manquer, n’est-ce pas ? Une chose dont j’ai un peu peur, c’est que le processus fasse ce truc de perquisition et de saisie, vous savez? », poursuit l’ancien ministre dans la conversation.

Ribeiro cite Bolsonaro au téléphone

Toujours selon la g1, Milton Ribeiro a déclaré dans une conversation avec une fille qu’il avait reçu un appel de Bolsonaro, dans lequel le président aurait exprimé sa crainte d’être touché par l’enquête du PF. Voici la boîte de dialogue :

– La seule chose en quelque sorte… aujourd’hui, le président m’a appelé… Il a le sentiment, encore une fois, qu’ils pourraient vouloir l’atteindre par mon intermédiaire, vous savez ? C’est juste que je lui ai envoyé des vers, n’est-ce pas ?, a dit Ribeiro à sa fille.

– Est-ce qu’il veut que tu arrêtes d’envoyer des textos ?, veut savoir sa fille.

– Non! Ce n’est pas ça… il pense qu’ils vont faire une perquisition et une saisie… chez lui… tu sais… c’est… c’est très triste. Bien! Ça peut arriver, non ? S’il y a des indices, non ?, a répondu le ministre.


Interférence PF
Dans un document adressé au MPF, le PF a classé le système de corruption présumé pour le déblocage des fonds de la MEC comme une « organisation criminelle ». Le MPF a également, dans un avis, renforcé l’existence d’une organisation criminelle.
Continuer à lire Brésil de facto (photo : Valdenio Vieira/RP)

« Enquête avec facultés affaiblies »

Dans le message envoyé aux collègues dénonçant l’ingérence, le délégué du PF Bruno Callandrini remercie « l’engagement à l’exécution d’Operação Acesso Pago », mais regrette que « l’enquête pour corruption à la MEC ait été entravée hier en raison du traitement différencié accordé par le PF aux le chercheur Milton Ribeiro ».

Ribeiro devait être conduit « à l’aéroport de São Paulo pour un voyage à Brasilia » (sic), selon Callandrini, mais il a été conduit à l’unité PF de São Paulo. « Le transfert de Milton à l’incarcération PF en SP * est une démonstration d’ingérence dans la conduite de l’enquête, donc j’affirme * je n’ai pas d’autonomie d’enquête et administrative pour mener l’enquête policière de cette affaire avec indépendance et sécurité institutionnelle », a écrit le délégué. . Selon lui, « la cible principale, à São Paulo (Milton Ribeiro), a été traitée avec des honneurs qui n’existent pas dans la loi ».

Un autre problème qui menace Bolsonaro est le CPI de la MEC, qui compte déjà 28 signatures, une de plus que les 27 requises par le règlement intérieur du Sénat. Le sénateur Randolfe Rodrigues (Rede-AP), auteur de l’initiative, soutient qu’avec l’ingérence visible du Planalto dans la police fédérale en faveur de Milton Ribeiro, le CPI devient encore plus important.

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