Le tremblement de Cali

Todo empezó aquel 28 de abril con un llamado a un paro nacional para protestar contra una reforma tributaria que en mitad de una pandemia que había azotada al país todo, buscaba meter la mano en el bolsillo por parejo, inicialmente hasta con IVA al café y el sucre. L’entêtement technocratique du cynique ministre des Finances Alberto Carrasquilla, secondé par un président tout aussi têtu mais aussi humble, Iván Duque, a touché des cordes sensibles. Cela a suscité une colère accroupie.

La marche convoquée par les secteurs sociaux organisés a conduit à une manifestation citoyenne massive qui a atteint les quartiers populaires. Des centaines sont sortis, des voisins restés confinés par la pandémie, unis dans le sacrifice économique produit des quarantaines qui ont apporté plus de pauvreté et de faim. La contestation a pris une forme inédite dans le pays : le quartier.

La blessure sociale était si profonde qu’elle a duré et dans l’après-midi et le soir dans certaines villes, dont spectaculairement Cali, l’émeute a commencé. Le crime a éclaté, des gens en colère et affamés unis aux «étrangers» – comme on appelle communément les Vénézuéliens – ont vu l’opportunité de voler des entreprises, des supermarchés et des petits magasins.

Les gens des quartiers se sont regroupés pour se défendre et ont commencé à construire des barricades avec tout matériel pour se protéger des étrangers, y compris des vandales et de la Force publique. Les jeunes sont restés en première ligne, avec l’énergie et la force nécessaires pour résister, et de là sont nées les soi-disant résistances, qui à Cali sont au nombre de 26, et qui existent dans les principales capitales.

Les jeunes sont devenus les porte-parole des communautés des quartiers et les voisins les ont même accompagnés des marmites communautaires qui fonctionnaient déjà pour fournir des repas collectifs en cas de pandémie, l’un des symboles de cette flambée sociale. Les blocus se sont poursuivis, noyant la ville. Au départ, ils voulaient se faire entendre mais encore une fois ils sont devenus incontrôlables et des forces violentes ont fait taire leurs revendications, dont beaucoup étaient élémentaires et justes.

Puis vint l’organisation au sein de l’union des résistances de Cali, qui permit, grâce à la médiation de l’archidiocèse avec Mgr Darío Monsalve, d’établir un dialogue avec le maire de Jorge Iván Ospina qui déboucha sur des pactes locaux. Un exercice de négociation qui a permis de lever les blocages. Le timing est crucial. Le respect des conventions signées avec les jeunes des 26 résistances est la condition pour briser la spirale de la violence et en cela le Maire a un rôle fondamental et unique, avec sa capacité de réponse ponctuelle et rapide qui apporte des solutions aux quartiers avec un offre institutionnelle qui permet d’avancer vers un grand pacte social qui implique toute la ville.

Et l’autre rive, géographiquement et socio-économiquement délimitée, ne peut ignorer ce processus. Un grand projet coordonné par ProPacífico est déjà en cours, levant 40 milliards de dollars à exécuter conformément aux lignes d’intervention tracées par les pactes de quartier. Mais ce n’est que le début pour transformer lucidement et judicieusement ce bouleversement en une opportunité de reconstruire une ville fracturée sur des bases solides qui comblent les fossés et intègrent des millions d’exclus.

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