Le Brésil

Les juristes et March demandent à un juge d’enquêter sur le cas de la jeune fille enceinte

São Paulo – L’Association brésilienne des juristes pour la démocratie (ABJD) et la Marche mondiale des femmes (WMM) ont déposé ce mardi (21) une plainte disciplinaire auprès du Conseil national de la justice (CNJ) contre la juge Joana Ribeiro Zimmer. Le magistrat a agi de manière intimidante dans le cas de la fillette de 11 ans, enceinte après avoir été victime d’un viol à Santa Catarina. Les entités allèguent au service des affaires internes que Joana a commis une procédure administrative incompatible avec son rôle, en plus d’infractions civiles et pénales.

Ils précisent également que, « pour justifier et défendre la continuité de la grossesse d’une enfant de 11 ans victime de viol, le magistrat a commis les crimes de harcèlement institutionnel, utilisé des méthodes de terreur psychologique, favorisé la revictimisation et violé les normes légales, droits et garanties ». Dans la plainte, ils demandent l’ouverture d’une procédure judiciaire administrative disciplinaire.

« La conduite du représenté (Jeanne) est d’une cruauté indescriptible envers l’enfant victime de violences sexuelles, ne le traitant que comme un tremplin vers l’adoption », affirment ABJD et MMM. « La société ne peut admettre, ni permettre d’échapper à son contrôle institutionnel, l’interdiction expresse de ce type de postures et de conduites pratiquées dans le confort du secret de justice qui, semble-t-il, ne vise pas à protéger les parties, mais, malheureusement, l’abus et l’inhumanité des actions de l’État », ajoutent-ils.

La législation autorise

La Cour de justice de Santa Catarina a confirmé au blog univers, du portail UOL, que Joana Ribeiro Zimmer n’est plus responsable de l’affaire. Depuis vendredi dernier (17), le juge n’était plus titulaire du tribunal civil du district de Tijuca. Deux jours plus tôt, promue, elle avait été mutée dans la région de Brusque. Cela s’est produit, selon les conseils du TJ, avant la répercussion de l’affaire.

ABJD et MMM rappellent que la législation brésilienne prévoit l’avortement thérapeutique, lorsque la vie de la femme enceinte est en danger, et en cas de grossesse résultant d’un viol. « Par conséquent, il n’est pas nécessaire d’avoir une autorisation judiciaire pour pratiquer un avortement dans ces cas. Seul le libre consentement de la femme enceinte ou de son représentant légal, sans aucune sanction pour l’équipe médicale qui l’exécute », précisent-ils. « Même après une série d’éléments, d’ordre et de nature médicale, qui ont révélé la possibilité d’un risque pour la santé et la vie de l’enfant violé, le juge, en clair détournement de but, a déterminé l’enfant à rester dans un centre d’accueil avec le but de ‘protéger le fœtus’, ignorant, donc, l’expression de la volonté de l’enfant, de sa mère et de tous les spécialistes entendus, selon l’audience.

Reviens à la maison

La juge Cláudia Lambert de Faria a autorisé ce mardi la jeune fille enceinte à rentrer chez elle. La décision intervient après que l’enfant a passé plus de 40 jours dans un refuge afin qu’il n’ait pas accès à un avortement. Cláudia Lambert a reçu un recours de la défense de la famille de l’enfant, qui avait initialement refusé une injonction préliminaire le 3 juin. Désormais, selon le juge, le « maintien de la mesure de protection de l’accueil institutionnel » n’est plus nécessaire.

« Visant le bien-être de l’enfant, pendant ce moment, elle a souffert d’une grossesse non désirée et prématurée, et considérant son désir manifeste d’être proche de sa mère, avec qui elle entretient un lien affectif fort, il n’y a aucune raison de justifier , en l’occurrence, le maintien de l’accueil institutionnel », écrit-il, selon le intercepter.

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