Le Brésil

Les paysans sont exclus d’un projet qui interdit les expulsions en période de pandémie

São Paulo – Le projet de loi 827/2020, créé pour protéger les familles contre les expulsions pendant la pandémie, a été approuvé par le Sénat. Cependant, un amendement présenté par le sénateur ruraliste Luis Carlos Heinze (PP-RS) excluait de la protection les familles qui vivent et travaillent à la campagne. Le PL a été approuvé jeudi (24) par 38 voix contre 36.

Le texte approuvé par les sénateurs détermine la suspension des mesures judiciaires, extrajudiciaires et administratives d’éviction et d’éloignement forcé.

Le ruraliste a justifié qu’il n’y avait eu une baisse des revenus due à la pandémie que dans les centres urbains, ce qui, selon lui, justifierait des retards dans le paiement des loyers. Et que dans les zones rurales, il n’y a pas eu de réduction de l’activité productive tout au long de la pandémie.

expulsion des paysans

La situation est en fait assez différente. Une étude du Réseau brésilien de recherche sur la souveraineté et la sécurité alimentaire et nutritionnelle (Penssan) montre que 60% de la population paysanne ne mangeait pas correctement en 2020.

La population rurale n’a pas non plus accès aux lignes de crédit financier. En 2020, le gouvernement de Jair Bolsonaro a opposé son veto au projet de loi 735/2020, qui prévoyait des aides d’urgence et des lignes de crédit pour l’agriculture familiale. Un nouveau projet de loi formulé par l’opposition a été approuvé par la Chambre en juin de cette année, mais est en attente d’analyse par les sénateurs.

Le PL, qui court jusqu’au 31 décembre, exige des contrats de location résidentiels à partir de 600 R$ par mois et des contrats non résidentiels, de plus de 1 200 R$. Les locataires devront démontrer qu’ils sont dans l’incapacité de payer le loyer en raison de la crise sanitaire. Le projet comprend des occupations antérieures au 20 mars 2020, sans interférer avec les expulsions déjà réalisées.

Le projet se termine par des amendes

En vertu de la PL, tout déplacement permanent ou temporaire d’individus, de familles ou de communautés des maisons ou des terres qu’ils occupent sans garantie d’un autre logement est considéré comme une expulsion ou un déplacement forcé. Cela est vrai pour les peuples autochtones, les quilombolas, les établissements riverains et autres communautés traditionnelles.

Le projet renonce également à l’amende en cas de résiliation du contrat par le locataire, pour autant qu’il soit prouvé que les revenus ont été compromis pendant la pandémie. Dans le cas des immeubles non résidentiels, la loi s’applique aux cas où il y a eu une interruption continue d’activité pendant 30 jours ou plus. Le PL revient à la Chambre, où il avait déjà été approuvé, en raison de l’amendement appliqué.

Avec les informations du Le Brésil en fait

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