Le Brésil

L’hypocrisie des rentiers se révèle avec les révélations de Pandora Papers

En juin, le gouvernement a envoyé à la Chambre des députés un projet de loi rédigé par le ministre de l’Économie, Paulo Guedes, PL 2337/21, qui modifie la législation relative à l’impôt sur le revenu. Les locataires se sont rebellés contre l’idée qu’ils devraient payer un impôt sur les revenus d’investissement – ​​un impôt comme le paie tout Brésilien ordinaire.

Le tollé de ceux qui gagnent a toujours été général. Ecrivains et médias ont pointé ce qu’ils appellent le « poids » de la pression fiscale au Brésil, la perspective de « fuite » des investissements, la chute de la bourse et d’autres problèmes, au vu de l’assaut de la taxation des bénéfices et des dividendes, quelque chose que tout le monde fait, à l’exception de deux pays, l’un étant le Brésil.

Au pays des inégalités, où les riches s’enrichissent, avec 1% de la population accaparant 49,6% de toutes les richesses, rien de tel qu’un jour après l’autre, pour que la lumière brille pour ouvrir la dérision des arguments qui ne pas se maintenir. Les comptes secrets à l’étranger de multimilliardaires brésiliens rendus publics par l’affaire « Pandora Papers » sont un exemple du comportement des rentiers, qui ont tendance à dicter des règles et à crier lorsqu’il s’agit de respecter les obligations fiscales.

Il est courant de prétendre que la charge fiscale ici est trop élevée et rend le pays non viable. On ne dit pas que, alors que dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement (OCDE) l’impôt sur le revenu est de 11,4 %, au Brésil, paradis des riches, l’impôt sur le revenu est de 7 %. Ils ne révèlent pas non plus que les entrepreneurs qui gagnent jusqu’à 4,7 millions de reais par an sont exonérés d’impôt sur le revenu sur le résultat de l’entreprise. Ils ne révèlent pas que l’impôt sur le revenu final dans les entreprises est de 15%, tandis que « chaque homme riche » (c’est une ironie) brésilien qui gagne plus de 5 000 reais R$ par mois paie 27,5% d’impôt sur le revenu.

Alors que les propriétaires de l’argent cachent leurs profits dans des paradis fiscaux, les Brésiliens qui partent tenter leur vie dans d’autres pays sont confrontés à une réalité fiscale comme en France avec 46%, en Italie 45%, en Allemagne 37% et dans le futur Etat de New York à 50%, charge bien supérieure aux 30% ici. Situation qui fait que beaucoup d’entre eux renoncent à commencer leur vie à l’étranger. Ce thème a fait l’objet d’un article dans le journal Valeur économique récemment, montrant que le fardeau fiscal a été un obstacle pour beaucoup de ceux qui souhaitent réaliser leur rêve de déménager dans le premier monde et de s’aventurer dans le défi de la libre entreprise.

En plus de la charge fiscale, pour une bonne partie qui pense quitter le Brésil, la loi pèse contre ceux qui échappent aux impôts à l’étranger, un crime puni avec sévérité, qui conduit en prison ceux qui insistent pour enfreindre les règles fiscales. Une situation très différente de la nôtre, où la loi pour les riches est une abstraction, valable uniquement pour ceux qui ne peuvent pas engager un bon avocat.

Des scandales tels que « Pandora Papers » et « Panama Papers » montrent combien de rentiers qui se disent « patriotes » parient contre le Brésil et le peuple. Ce sont des exemples qui se répètent. Ils exploitent nos ressources et notre main-d’œuvre et emmènent bientôt leur fortune dans des paradis fiscaux pour échapper à l’impôt. En d’autres termes, ils transportent le butin loin du pays.

Malheureusement, les riches et les millionnaires, dont beaucoup tentent de détourner les couleurs du drapeau national, gardent leurs ressources dans des paradis fiscaux pour se débarrasser des impôts et cacher l’origine de leur richesse. Un exemple lapidaire est celui des comptes tenus dans les paradis fiscaux par le ministre de l’Économie et le président de la Banque centrale, qui ont été rendus publics cette semaine.

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Dans n’importe quel pays du monde, le ministre devrait s’expliquer, encore plus quand, il y a quelques jours, le ministre qui cache des comptes dans un paradis fiscal, pour défendre une proposition dérisoire de réforme fiscale, a dénoncé que les riches du Brésil ne pas envie de payer des impôts. Cela semble comique, mais il aurait dû se regarder dans le miroir lors de ses interviews, pour dire la vérité sur lui-même, à savoir qu’il ne voulait pas payer d’impôts ni révéler la source de sa fortune.

Il y a un dicton populaire : « l’hypocrisie est un mal qui empêche l’homme de marcher sur le chemin de l’honnêteté ». Pire encore lorsqu’il s’agit de personnes qui détiennent le pouvoir politique, manipulent l’information pour tromper la population, créent des lois et des règles institutionnelles, au profit d’elles-mêmes. Cela devient un mal encore plus grand, c’est la violence et l’agression contre les gens qui se battent chaque jour pour survivre.


* Marcel Barros il est vice-président de l’Association nationale des participants aux caisses et régimes de retraite et des bénéficiaires de soins complémentaires autogérés (Anapar). Il a été élu directeur de la sécurité de Previ pendant huit ans ; Francisco Alexandre il est auparavant directeur d’administration élu de Previ et ancien directeur général de BRF previdência.

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