Ce dimanche 27 mars, les Uruguayens se rendront aux urnes pour décider par référendum d’abroger ou non 137 articles de l’une des lois d’examen urgent (LUC), la principale feuille de route du président Luis Lacalle Pou qui a été promulguée au début de la pandémie.
La LUC concentre des articles fortement remis en cause par des secteurs de l’opposition, des syndicats et des organisations de défense des droits sociaux et humains, sur le logement, la sécurité, l’éducation et les finances.
La mégaloi limite le droit de grève, établit le chiffre de « l’apparence criminelle », permet les expulsions expresses, supprime le caractère obligatoire de la formation initiale et augmente la limite des transactions en espèces, entre autres aspects remis en question.
Pour atteindre le référendum ce dimanche, les organisations sociales et divers secteurs d’opposition ont articulé une campagne nationale avec laquelle ils ont réussi à recueillir 750 000 signatures pour permettre le vote et pouvoir abroger les articles les plus controversés, a rapporté Page 12.
Les promoteurs du « Oui » sont menés par le Front large (FA), un parti de gauche qui a gouverné entre 2005 et 2020, qui cherche à abroger 137 articles sur les 476 que compte le LUC.
De l’autre côté se trouve la coalition « Non » qui gouverne depuis mars 2020, dont les partisans ont fait campagne en faveur du LUC et de Luis Lacalle Pou, après avoir estimé que cela avait profité au public.
LUC, une loi avec des limites pour la population
Au total, la LUC – qui a été approuvée en juillet 2020 – est composée de 475 articles qui traitent des changements dans des domaines tels que la sécurité, la santé, l’éducation, les droits du travail, l’énergie, entre autres.
La LUC limite le droit de grève puisqu’elle déclare illégaux les piquets de grève dans les espaces publics ou privés qui « affectent la libre circulation des personnes, des biens ou des services », établit le chiffre de « l’apparence criminelle » et augmente la limite des transactions en espèces jusqu’à 100 000 $, qui, selon les critiques, permet le blanchiment d’argent et permet l’évasion fiscale.
D’autre part, il supprime l’obligation de formation initiale et réduit les fonctions de l’État dans le domaine, en plus de créer une modalité d’expulsion expresse pour les logements loués.
Selon les opposants au LUC, l’instrument juridique limite le droit de grève, étend les peines aux mineurs et assouplit l’usage de la force policière, ainsi que l’extension de la légitime défense.
A l’issue de la campagne du Oui, ses promoteurs ont souligné mardi dans les médias le danger que le LUC fait peser sur l’Uruguay pour revenir en arrière.
«Augmenter les différences et les injustices n’est pas la solution. La justice doit être égale pour tous. C’est pourquoi ceux qui gouvernent ne doivent pas abuser de la force et du pouvoir de la communication », affirme une partie du message du Oui diffusé à la radio et à la télévision.
Selon un sondage réalisé par le cabinet de conseil Factum, 42% ont déclaré qu’ils voteraient « Oui » et 48% sont restés favorables au « Non ». Le sondage reflète 5 % d’indécis et 2 % de plus qui voteraient nul.