Nicolas Maduro détenu au Venezuela : l’effet migratoire et diplomatique au Pérou

À l’aube du 3 janvier 2026, l’histoire du Venezuela a changé à jamais. Donald Trump, à travers ses réseaux sociaux, a annoncé que Nicolás Maduro était détenu avec son épouse, qui ont ensuite été expulsées du pays.

Cette annonce intervient après que plusieurs personnes à Caracas ont signalé des explosions et des bombardements dans différents quartiers de la ville au cours des premières heures de la journée.

Le Pérou a eu des frictions diplomatiques avec le gouvernement de Nicolas Maduro, au point de rompre les relations entre les deux pays, de la même manière que des problèmes migratoires sont survenus à la frontière nord et sud du pays.

Miguel Rodríguez Mackay, diplomate et ancien ministre péruvien des Affaires étrangères, a précisé que, malgré l’absence actuelle de relations diplomatiques, le Pérou doit prévoir le rétablissement des relations avec le nouveau gouvernement qui sera installé à Caracas.

Il a précisé qu’il ne serait pas facile de revenir sur près de trente ans de « chavisme et madurismo » ; et a souligné que le Venezuela a besoin de « l’oxygène » non seulement des États-Unis, mais aussi de la diplomatie régionale.

« Cela ne va pas être facile. Trente ans de chavisme, de madurismo. Nous devons progressivement nettoyer la maison, et sur cette voie, l’agenda du Groupe de Lima doit être la chose la plus importante », a-t-il indiqué.

Le spécialiste a ajouté que, étant donné que le Pérou compte la deuxième population vénézuélienne de la région après la Colombie, la relation bilatérale avec le Venezuela doit devenir une priorité.

« Nous devons organiser une réunion des présidents et des cabinets binationaux avec le Venezuela. Nous devons garantir que le Venezuela revienne à la communauté andine et que le Venezuela fasse partie de la grande patrie andine », a-t-il déclaré.

De même, il a souligné que le Pérou doit retrouver son leadership régional à travers la réactivation du Groupe de Lima, qui jouait à l’époque un rôle de premier plan dans la pression diplomatique contre le chavisme.

Il a souligné qu’avant, ce groupe se concentrait sur la « récupération de la démocratie » au Venezuela, et que désormais son principal objectif devrait être d’accompagner le retour, la stabilisation institutionnelle et la consolidation démocratique sous un éventuel gouvernement d’Edmundo González Urrutia.

« Le Groupe de Lima doit publier une déclaration saluant le fait que le Venezuela ait retrouvé sa démocratie dans ce grand processus de libération, mais en soulignant en même temps que ce qui s’est produit est une situation exceptionnelle et atypique, qui répond à des paramètres uniquement imputables au cas vénézuélien », a-t-il ajouté.

Rodríguez Mackay estime qu’un tiers des migrants vénézuéliens ne reviendront pas, car « ils ont pris racine » dans les pays d’accueil, en particulier les plus jeunes.

En revanche, il a estimé que les deux autres tiers retourneront au Venezuela si le contexte s’améliore, et que le Pérou doit « contribuer » à ce processus de retour légitime.

« Nous devons changer la dynamique conceptuelle du concept de migration. Nous devons cesser de (voir) la migration comme un processus d’expulsions, de déportations, de processus coercitifs ou coercitifs. Tout cela doit changer. Nous devons commencer à examiner le processus, en facilitant le retour des Vénézuéliens dans leur pays », a-t-il déclaré.

Après la victoire de Kast au Chili et la prochaine rencontre avec le président José Jerí, le diplomate a souligné que le Pérou doit collaborer pour créer un « couloir humanitaire », qui disposera désormais de meilleures conditions pour devenir une réalité.

« Le président du Pérou, compte tenu de l’arrivée imminente du président élu José Antonio Kast, doit d’abord faire comprendre que le concept d’immigration doit changer au Chili. Il ne doit plus s’agir d’un concept d’expulsions ou de déportations massives comme il l’a prévu. (…) Pour cette raison, Kast doit changer sa conceptualisation de la migration », a-t-il déclaré.

Il a également suggéré, dans le contexte du débat électoral péruvien, que les candidats à la présidentielle adaptent leur discours et adoptent une vision plus ancrée dans la réalité, promouvant une politique régionale de retour ordonné des Vénézuéliens dans leur pays.

Antonio Pagán Sánchez, chercheur au Centre d’études sur la Chine et l’Asie-Pacifique de l’Université du Pacifique, a indiqué que l’intervention au Venezuela est « un exemple pratique de ce que pourrait impliquer à court et moyen terme la nouvelle stratégie de sécurité nationale des États-Unis sous Trump 2.0 », ce qui, selon lui, conduirait à une augmentation de l’ingérence dans l’hémisphère occidental et à une tentative d’accroître l’influence américaine dans la région.

« C’est ce qu’on a récemment appelé la doctrine Donroe, selon laquelle l’Amérique latine tombe sous la zone d’influence américaine. En fait, la politique étrangère de Trump semble voir le monde divisé en zones d’influence appartenant aux puissances », a-t-il déclaré.

Selon le spécialiste, le discours présidentiel sur le Venezuela, marqué par des expressions telles que « diriger le pays » ou « récupérer le pétrole », a révélé un ton ouvertement interventionniste, incompatible avec les principes du droit international.

« Dans le même temps, l’intervention militaire étrangère est paradoxalement l’une des rares possibilités dont disposait le peuple vénézuélien pour récupérer son pays et ses institutions, compte tenu des mesures répressives du régime et de la fraude électorale, au moins lors des élections présidentielles de 2024 », a-t-il ajouté.

Malgré l’impact symbolique et stratégique de la capture de Nicolas Maduro, Pagán a indiqué qu’il n’y avait pas de clarté sur le plan pour le lendemain de cette arrestation.

De même, il a indiqué que la capture du leader chaviste ne garantit pas, en soi, l’effondrement du régime, car des personnalités clés telles que Diosdado Cabello sont toujours présentes et entretiennent des réseaux de pouvoir et d’influence à l’intérieur du pays.

« En revanche, en cas de chute du régime, des poches de résistance locale contre les nouvelles autorités ne seraient pas exclues. La situation actuelle est donc incertaine », a-t-il souligné.