Le gouvernement du président Gustavo Petro a déclaré, par le décret 1390 du 22 décembre 2025, « le État d’urgence économique et sociale sur tout le territoire national », avec lequel il espère réunir 16,3 milliards de dollars pour combler le déficit budgétaire après l’effondrement de la loi de financement au Congrès de la République.
Cependant, le 30 janvier 2026, la Cour constitutionnelle a ordonné la suspension provisoire du décret pendant qu’elle étudie minutieusement sa constitutionnalité, en raison de doutes quant à savoir si les événements invoqués étaient véritablement « imprévisibles » ou s’il s’agissait de problèmes structurels de longue date.
Dans ce contexte, depuis son compte X Petro, il a annoncé qu’il signerait un nouveau décret d’urgence économique, qu’il signera, comme il l’a indiqué, ce mardi 24 février. Dans son message, le président a noté que inclura à nouveau la surtaxe d’impôt sur le revenu payés par les entités du système financier.
« Cette croissance des bénéfices n’est pas due à une croissance économique réelle, mais à la hausse des intérêts internes de la banque de la république. Imposer un impôt sur ces bénéfices extraordinaires est devenu un péché et c’est la chose la plus juste qui puisse être faite et c’est ce qui est inclus dans le nouveau décret d’urgence que je vais signer demain », a expliqué Petro dans son compte X.
Il est à noter que l’état d’exception permet à l’Exécutif de prendre des décrets ayant force de loi pour adopter des mesures fiscales et budgétaires temporaires sans passer au préalable par le Congrès.
Cette croissance des profits n’est pas due à une croissance économique réelle mais à l’augmentation de l’intérêt interne promue par la Banque de la République.
Imposer un impôt sur ces bénéfices extraordinaires est devenu un péché et c’est la chose la plus juste qui puisse être faite et c’est ce qui entre… https://t.co/JJBB8kiQwd
– Gustavo Petro (@petrogustavo) 23 février 2026
Par ce nouveau décret, le gouvernement entend recourir une nouvelle fois à l’urgence pour introduire des impôts supplémentaires, parmi lesquels la surtaxe susmentionnée sur les bénéfices des banques.
Il convient de noter qu’en février dernier, le Gouvernement a déclaré une nouvelle urgence (Décret 0150) axée sur huit départements du nord du pays touchés par des catastrophes naturelles causées par de fortes pluies.
Les arguments en faveur de la déclaration d’urgence économique
Dans les considérants du décret déclarant l’état d’urgence, le gouvernement national avance, entre autres, les raisons suivantes :
- La situation grave et imminente à laquelle est confrontée la nation, constituée par l’incapacité matérielle et juridique de garantir la jouissance de certains droits fondamentaux.
- La nation est confrontée à une situation budgétaire exceptionnelle exacerbée par des événements concomitants et socialement sensibles.
- Plusieurs événements survenus et simultanés qui affectent extraordinairement la situation actuelle des finances de la nation.