Il y a quelque chose que beaucoup font avec de bonnes intentions et qui finit par faire partie du problème. Ils le partagent avec indignation, commentent avec colère, réagissent avec l’emoji colérique… et sans le savoir, ils font le sale boulot de l’algorithme : ils le rendent viral.
C’est exactement ce qui se produit lorsqu’une vidéo de maltraitance animale circule sur les réseaux sociaux.
Les organisations de protection des animaux, les protectionnistes et les militants mettent en garde depuis un certain temps contre quelque chose qui n’est pas si évident à première vue : les algorithmes ne distinguent pas si votre interaction est favorable ou négative. Ils détectent uniquement l’activité. Et cette activité indique à la plateforme que ce contenu génère de l’engagement, qu’il mérite plus de portée, qu’il doit être montré à plus de personnes. Le résultat ? La vidéo d’abus atteint des millions de personnes… poussées par ceux qui voulaient arrête ça.
Ce n’est la faute de personne. C’est la conception du système.
Alors qu’est-ce qui est fait ?
Ne le reproduisez pas. Ne faites pas de commentaire là-dessus. Ne le partagez pas, même pas pour le dénoncer publiquement. Chacune de ces actions alimente exactement ce que nous souhaitons arrêter.
Ce qui fonctionne, c’est d’utiliser les outils de reporting proposés par chaque plateforme et, dans les cas plus graves, de signaler le matériel directement à des entités spécialisées.
Parce que c’est un autre point important que beaucoup négligent : essayer d’enquêter par vous-même ou d’exposer publiquement les responsables peut ruiner les preuves et alerter ceux qui sont impliqués. L’intention peut être bonne, le résultat contre-productif.
Les dégâts ne concernent pas seulement les animaux
La consommation constante de ce type de contenu a également un impact émotionnel réel sur ceux qui le consultent. Les spécialistes le répètent : signaler, bloquer et s’éloigner du matériel n’est pas de l’indifférence. C’est aussi prendre soin de sa propre santé mentale.
Comprenez que cela peut probablement affecter la sensibilité de certaines personnes plus que d’autres et ne pas faire écho à ces vidéos qui peuvent souvent rechercher de la visibilité, de la viralité et augmenter le nombre de followers.
Le message que les organisations cherchent à faire passer est clair et mérite d’être répété : lutter contre la cruauté envers les animaux sur Internet ne signifie pas viraliser ce que nous voyons, mais apprendre à le signaler de manière consciente et responsable.
Être indigné, c’est bien. Agir mal avec de bonnes intentions, pas tellement.
Mais alors que faire pour que d’autres ne le reproduisent pas ? Vous avez déjà vu la vidéo, vous pouvez en faire des captures d’écran et décrire un peu ce qui se passe, pour avertir les autres et que lorsqu’ils reçoivent ces liens au contenu violent, ils vont directement signaler la publication.
Une autre option non moins importante consiste à faire rapport directement aux autorités.
Non à la « plainte du clavier » : Publier une photo ou une vidéo sur Instagram Ce n’est pas une plainte légale. Le matériel graphique doit être apporté comme preuve matérielle.
Utilisation du 911 : Pour les cas de flagrance (lorsque des abus se produisent actuellement), Misión Nevado recommande d’appeler le 911 afin que les forces de sécurité (Police Nationale ou Municipale) agissent immédiatement.
Liaison avec le Ministère Public : Les conseils juridiques de Misión Nevado peuvent vous guider, mais le plaignant doit accompagner le processus fournir vos informations et signer le procès-verbal au parquet.
En cas d’enquête sur des crimes d’extrême cruauté, mort, combats de chiens, etc. Le CICPC dispose d’un département spécialisé dans la maltraitance animale.
Il est important que vous soyez préparé :
Apportez le matériel numériquement et physiquement : N’attendez pas que le responsable télécharge la vidéo depuis votre téléphone ; Apportez des photos imprimées ou une clé USB si possible, des captures d’écran, etc.
Mentionnez le fait : Si l’animal est mort, utilisez ce terme juridique pour que l’affaire soit prise avec la gravité d’un délit et non comme une simple infraction administrative.
Demander le numéro de dossier : Il est indispensable pour que vous puissiez ultérieurement faire un suivi auprès du Parquet Environnemental du Ministère Public.
Organisez les faits et les idées, gardez tout structuré et en ordre, ce qui s’est passé en premier et ce qui s’est passé ensuite, les témoins, les noms, les lieux, le lieu, les références, le contexte et toutes les preuves.
Si un animal est mort pour x raison, le corps est une preuve, ne le déplacez pas, ne le manipulez pas et même si cela peut paraître « fou », protéger cette preuve aidera à l’enquête.
Reporter sur les réseaux sociaux peut être très pratique, rendre des cas viraux est très simple, mais tenter de clarifier les faits et trouver les coupables, les raisons, se mobiliser et agir fait partie de l’engagement qui nous correspond en tant que citoyens.