Un bongo retrace l’histoire

« Un bongo remonte l’Arauca en longeant la caserne rive droite. » Dans ce bongo se trouve Santos Luzardo, un avocat qui doit se connecter avec son « esprit indomptable » des plaines pour affronter le chaos, lutter contre la corruption incarnée par Ño Pernalete, l’autoritarisme de Doña Bárbara et l’impérialisme de Monsieur Danger. Dans le quartier 24 de Julio de Petare a vécu physiquement jusqu’au 1er mai 2026, un homonyme de ce personnage galicien : Santos Luzardo Himiob Aponte, professeur d’université, maître de conférences, bibliothécaire, récompensé par le Prix National d’Histoire en 2023 pour son travail de recherche et de préservation de la mémoire historique.

Santos Luzardo est chercheur au Centre national d’études historiques, où, jusqu’à l’année dernière, il coordonnait la bibliothèque du Musée bolivarien. Dans la Maison qui conquiert l’ombre, il a travaillé pendant plus de trois décennies comme professeur à l’École de bibliothéconomie et d’archives. Il est titulaire d’une maîtrise en bibliothèque et sciences de l’information. Sa plus grande force professionnelle réside dans son expertise et son incroyable sagesse en matière de préservation, de catalogage et de numérisation de documents pour sauvegarder l’histoire. Son dernier engagement professionnel a eu lieu au sein de l’équipe multidisciplinaire de Colombeia Fiscal de l’École Nationale d’Administration et de Finances Publiques.

Mais sa plus grande force, c’est sa bonhomie, sa qualité humaine, sa simplicité. Ceux d’entre nous qui ont l’opportunité d’apprendre à ses côtés savent que Santos Himiob est un artisan du temps, un sauveur des murmures du passé pour les transformer en pédagogies vibrantes. Il n’aime pas être un accumulateur de dates, mais plutôt un narrateur qui insuffle la vie aux morts, celui qui fait entendre les silences des archives.

Santos Luzardo Himiob nous rappelle toujours que le présent n’est rien d’autre que l’avenir rêvé hier et que chaque trace du passé mérite d’être racontée. C’est pourquoi il est un amateur de livres. Chaque fois qu’il en voit un ancien et rare, il le sort des étagères avec beaucoup de soin car il sait que chaque livre est un coffre d’invisible, un refuge, un miroir, un voyage silencieux qui ne prend vie que lorsque le lecteur lui prête son âme. C’est pourquoi il le protège, c’est pourquoi, si le livre est malade, il le guérit. Pour Santos Himiob, chaque livre est un pacte entre le temps de l’auteur et l’esprit du lecteur, un humble objet qui contient plus de vies que n’importe quel être vivant. Mais notre Santos Luzardo est aussi un architecte de ponts, ceux qui sont entre l’oubli et la mémoire. C’est pour cette raison que, lorsqu’il commence son travail depuis son bongo, « deux chaloupes le font avancer dans une lente et pénible manœuvre de galérien ».