La Colombie

Après la fumée blanche

21 mars 2021 – 23h35


Pour:

Luis Felipe Gómez Restrepo

8 ans se sont écoulés depuis l’élection du pape jésuite Jorge Mario Bergolio. Le 13 mars 2013, de la fumée blanche est sortie de la cheminée du Vatican, annonçant l’élection du remplaçant du pape Benoît XVI. Le nouveau pontife Francisco est arrivé et a changé de nombreuses dynamiques dans l’Église.

Il a placé la fraternité universelle, l’écologie intégrale, le souci de la maison commune, la miséricorde, le soin des migrants, l’Amazonie, la paix universelle au centre de sa papauté. Depuis le début du pontificat, il a demandé aux prêtres de sentir les moutons, d’être proches de ses paroissiens; il a demandé aux bureaucrates de la curie romaine de cesser d’agir en princes; Il a exhorté l’Église à être une institution sortante, à être plus proche des personnes dans le besoin. C’est le Pape François: un leader franc, direct et perturbateur.

Voyons les réponses du pape François aux questions des journalistes.
Face aux critiques de ceux qui disent qu’elle est toujours au-delà des limites de la tradition de l’Église, le Pape répond qu’elles sont le produit de la prière, du dialogue et des conseils: «Il faut souvent prendre des risques. Il y a quelques critiques: que le Pape n’est pas courageux, qu’il est inconscient, qu’il prend des mesures contre la doctrine catholique ou qu’il est à un pas de l’hérésie. Ce sont des risques, mais ce sont des décisions qui se prennent dans la prière, dans le dialogue, en demandant des conseils. Ce n’est pas un caprice ». Le Pape témoigne de cette responsabilité de faire des changements, de montrer de nouvelles voies.

Pour ceux qui aiment disqualifier les autres, le Pape donne un très bel exemple en allant à la rencontre de l’ayatollah Ali Al-Sistani. C’est un signe d’humilité de vouloir apprendre des autres et un témoignage d’ouverture à l’autre. «J’ai ressenti le devoir d’aller trouver un homme sage, un homme de Dieu. Ceci n’est perçu qu’en l’écoutant. C’est une personne qui a de la sagesse et de la prudence. Il m’a dit que depuis 10 ans il n’a pas reçu de personnes qui venaient lui rendre visite pour d’autres raisons, politiques ou culturelles, uniquement religieuses. Il a été très respectueux lors de la réunion. Un homme humble. Cette rencontre a été bonne pour mon âme. C’est une lumière ».

Les jeunes du monde ont été d’une grande importance pour le Pape, qu’il a constamment encouragé. Lors de la dernière Journée mondiale de la jeunesse 2020, il leur a dit: «Chers jeunes, quelles sont vos passions et vos rêves? Les faire émerger et, à travers eux, proposer au monde, à l’Église, aux autres jeunes, quelque chose de beau dans le domaine spirituel, artistique, social. Je les répète dans ma langue maternelle: faites le bordel! Faites entendre votre voix. « 

Enfin, en cette semaine de la Journée de la femme, le Pape a cherché un moyen de donner un plus grand rôle aux femmes dans l’Église et reconnaît que les femmes font avancer l’histoire. «Les femmes sont toujours des esclaves, nous devons lutter pour la dignité des femmes. Ce sont eux qui font avancer l’histoire. Ce n’est pas une exagération. Les femmes font avancer l’histoire. Et ce n’est pas quelque chose que je dis parce qu’aujourd’hui est la journée des femmes. C’est comme ça ». Le respect des femmes en tant que centre d’intérêt de la société.

Le pape François, aujourd’hui âgé de 84 ans, continue de donner quoi penser, quoi réfléchir, quoi prier et surtout comment s’engager dans l’histoire. 8 ans de fumée blanche, montrent que l’Église peut être plus en phase avec l’humanité.

* Recteur de l’Université Javeriana Cali.
Suivez sur Twitter @RectorJaveCali

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