« Aquaman et le Royaume Perdu » est un excès de sympathie

« Aquaman et le Royaume Perdu » est arrivé dans les salles secoué par un tsunami de critiques négatives. Le film, avec Jason Momoa, emmène l’aventure des super-héros aquatiques dans des mondes sous-marins inimaginables remplis d’excès.

Dans l’histoire, Black Manta (Yahya Abdul-Mateen II) revient en tant que méchant, mais cette fois il le fera avec un pouvoir supérieur qui compliquera l’existence du roi de l’Atlantide. Tandis que cet homme maléfique et sans grand discours cherche à venger la mort de son père aux mains d’Aquaman, l’homme fort qui parle aux poissons et autres espèces aquatiques vit noyé face à une vie pleine de problèmes.

Être père, gérer des conflits politiques sous l’eau, vivre entre terre et mer ou écouter les affaires d’une nation sont des choses qui le mettent littéralement hors de lui. Avec l’humour qui le caractérise, livré avec un acteur capable de tout réussir quoi qu’il arrive, Aquaman se moque de la vie et s’endort sur le trône.

Jusqu’à ce qu’un groupe de pirates, commandé par Black Manta, commence à voler un fossile capable de surchauffer la planète. Il sait que pour détruire Aquaman, il doit le distraire et l’attaquer par surprise. Mais le plan n’est pas entièrement le sien, car après avoir trouvé un trident maudit, il recevra des pouvoirs d’un roi très puissant qui est prisonnier depuis des siècles. Leur monde a été effacé des cartes et des récits, de sorte que personne ne connaît même leur existence.

Nager à contre-courant

Mais Aquaman ne saura rien de tout cela avant le début de l’intrigue. Pour lui, le nœud du problème résidera dans la vengeance que lui a jurée son ennemi juré et, sans penser à autre chose, il s’efforcera de l’arrêter.

Sa première action sera de libérer de prison son frère Orm (Patrick Wilson). Même s’ils se détestent, ils devront cette fois travailler en équipe. Je ne pense d’ailleurs pas que le parallèle entre Loki et Thor soit une pure coïncidence. Orm, en tant qu’ancien roi de l’Atlantide, avait déjà vaincu Black Manta et c’est pourquoi Aquaman a besoin de lui. D’où cette alliance irrémédiable qui finira par laisser place à quelque chose de plus que la haine.

Pendant ce temps, Black Manta et son puissant et mythique Trident Noir déclencheront une destruction mortelle sous et au-dessus de la mer. Au milieu, la famille d’Aquaman est également en danger car son sang est la clé pour libérer le grand mal qui menace de revenir.

Avec tout cela en arrière-plan, le parcours devient divertissant bien que moins bien représenté. La même chose se produit avec le rythme qui fait des sauts constants liés à un abus d’effets spéciaux CGI, qui éclipsent le résultat. Des effets qui, pour aggraver les choses, semblent typiques des films de 2000 avec « Austin Powers » ou de séries comme « Star Trek ». Des scénarios ridicules et des personnages faux qui ne tardent pas à faire rire.

Copie forcée

Malgré son manque d’originalité, le spectateur n’hésitera pas à associer le film et son royaume caché à la demeure de Sauron dans « Le Seigneur des Anneaux ». Y compris ses orcs qui se déplacent de la même manière ici mais ont l’air moins terrifiants. Les ponts et même la tour où vit le mal sont des répliques quasiment identiques.

L’excès de scènes d’action lie le spectateur à un collage de choses qui ne comptent pas beaucoup mais qui divertissent. Dans certains d’entre eux, la recréation d’Amber Heard dans le rôle de Mera (l’épouse d’Aquaman et reine de l’Atlantide) – qu’elle aurait réduit à néant après son fameux procès contre Johnny Depp – est une pure erreur. Ou du moins pas son image, qui ressemble à une caricature réalisée avec des effets spéciaux. De même, il y a le côté sentimental de l’histoire entre un homme qui ne sait pas être père, qui n’a pas non plus la tête pour porter une couronne et, encore moins, qui a le tact pour se réconcilier avec son frère. Peut-être que Jason Momoa sait profiter de son charme et c’est là qu’il adore ça.