Davos 2024 : analystes et risques

En janvier dernier, comme de coutume, la réunion du Forum économique mondial s’est tenue dans la ville de Davos, en Suisse, du 15 au 19 janvier, l’occasion de montrer les résultats des travaux menés par des think tanks et des cabinets de conseil en alliance avec le organisation du Forum sur des thèmes « d’intérêt mondial ». En outre, des porte-parole et des dirigeants du secteur privé, des gouvernements, des organismes multilatéraux et d’autres spécialistes se réunissent lors de ses séances et séances plénières pour présenter leurs points de vue.

A cette occasion, le titre du forum nous indique une partie de l’objectif et du sens de l’événement : « Reconstruire la confiance ».

Le Forum sera abordé dans deux analyses, à commencer par le Rapport sur les risques mondiaux 2024 et d’autres travaux présentés lors de l’événement. Analyser, dans un prochain volet, les démarches et points de vue des exposants et porte-parole ayant participé, leurs positions, la résonance provoquée et tout autre aspect d’intérêt.

A cette occasion, le Las Vegas Technology Fair 2024, International Consumer Electronics Show, ICES, avec ses innovations technologiques s’est terminé le 12 janvier mais avec peu de résonance dans la presse mondiale (1-15-2024, Voice of America). Il n’y a pas eu de sommets d’organisations régionales, comme cela s’est produit en 2023 avec le sommet de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes, CELAC.

D’un autre côté, le contexte mondial est brûlant, malgré les avertissements de crises et de polycrises convergentes lancés dans le Rapport sur les risques mondiaux 2023, les conflits géopolitiques se sont intensifiés, notamment dans la région du Moyen-Orient, et 2023 a été l’année la plus chaude des 174 dernières années. et 2024 pourrait être pire (1-2024, National Geographic). Parallèlement, en 2023, les émissions de CO2 ont légèrement augmenté (0,1 %) (2-2024, BBVA) et les projections de croissance de la demande de combustibles fossiles (pétrole et gaz naturel) devraient atteindre leur apogée en 20230, cependant, ils continueront à constituer un élément fondamental de la matrice énergétique mondiale dans les décennies à venir (10-McKinsey & Company).

Les analystes mettent l’accent, à en juger par leurs travaux, sur les risques globaux, entendus comme toute situation qui affecte sérieusement la situation actuelle ou ce qui est projeté ou planifié dans le monde dans un avenir immédiat, 2024, à court terme, deux ans, 2024- 2025, et à long terme, une décennie, jusqu’en 2034. Quelles sont les orientations d’avenir envisagées et les situations présentes que l’on cherche à préserver ? Pour l’approche future, il y a : les émissions nettes de carbone zéro, qui découlent de l’accord de Paris de 2015, qui établit des objectifs d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, ceux-ci sont révisés tous les cinq ans lors des conférences des parties, COP ; Il y a aussi l’Agenda 2030 avec ses 17 Objectifs de Développement Durable et ses 169 objectifs établis jusqu’à présent. Quant au présent, les pays des économies avancées cherchent à préserver ou à améliorer leur position économique et politique dans ce monde en transition, en ce sens, leurs risques sont assumés au niveau mondial en raison de leur poids spécifique. Ainsi, que cela nous plaise ou non, les 10 pays ayant le PIB le plus élevé concentrent près de 70 % du PIB mondial selon les projections du FMI pour fin 2023.

Pour le contexte

Lorsque vous pensez au risque, comment le comprenez-vous ? Quels problèmes de votre vie quotidienne considérez-vous dans cette catégorie appelée risque ? Ces problèmes vont-ils de l’immédiat, du proche, qui pourrait affecter votre vie à la satisfaction immédiate des besoins fondamentaux ? tels que l’alimentation, le logement, la santé, le travail, l’éducation… Pour vous, le résultat des élections municipales, étatiques ou nationales serait-il considéré comme une question de risque déterminante pour votre présent ou votre avenir ?

Par exemple, qu’en est-il d’une chute ou d’une hausse soudaine des prix des matières premières sur les marchés internationaux qui constituerait un risque pour vous ? Quand, pour qui et pourquoi ?

Le départ forcé de centaines de milliers de jeunes, génération millénaires et la génération Z, de leur pays, en raison des conditions économiques ou du manque d’opportunités dans leur pays, cela affecterait-il l’avenir du pays ? Je savais qu’entre 2012 et 2020, ce chiffre ajoutait 40 millions de plus aux 42 millions enregistrés pour 2012, 44 % de cette augmentation était concentrée dans trois pays : la Syrie, 24 %, le Venezuela avec 12 % et le Yémen, avec 8 %. (WEF, GCB-1-2024). La Syrie continue de croître, les Ukrainiens, les Afghans et bien sûr maintenant les Palestiniens la rejoignent.

Savez-vous combien de conflits mondiaux ont été enregistrés en 2020 ? 13 000 et ce chiffre était inférieur à celui de 2012, pour atteindre alors 18 000. (ib.), savez-vous combien de décès dus aux conflits ont été enregistrés en 2022 ? 240 000 décès, de 2020 à 2022, ce chiffre a doublé. (ib.) La presse mondiale et celle de votre pays ont-elles reflété cette situation mondiale ?

Savez-vous combien la cybercriminalité coûtera à l’économie mondiale en 2020 ? 1 000 milliards de dollars américains. (ib.) La cybercriminalité va des cyberattaques visant à voler des données et à falsifier des informations, en passant par les armes permettant de détruire les infrastructures, en passant par les soi-disant logiciels malveillants. (Zdnet, 12-2019)

pour le débat

Les crises sont analysées en présentant dans une liste les 5 ou 10 premiers risques globaux prioritaires qui sont prévus, à la suite de l’étude (enquêtes de perception, enquêtes auprès des dirigeants et entretiens), sur un total de 34 risques considérés : 9 risques économiques, 8 sociaux, 6 environnementaux, 6 technologiques et 5 géopolitiques. Ce sont des crises convergentes aux risques multiples :

En 2024, la liste des cinq principaux risques est : Climat extrême, Désinformation et fausses informations générées par l’IA (Intelligence Artificielle), Polarisation politique et/ou sociale, Coût de la vie, Cyberattaques. Un risque environnemental, deux technologiques et deux économiques. (WEF-GRR-1-2024)

En 204-2025, en deux ans, la liste du top dix est composée de : désinformation et fausses informations, événements climatiques extrêmes, polarisation sociale, cyber-insécurité, conflits armés entre États, manque d’opportunités économiques, inflation, migration involontaire, récession économique, pollution. Trois risques sociaux, deux technologiques, un géopolitique, deux économiques et deux environnementaux. (ib.)

En une décennie, jusqu’en 2034, la liste des dix premiers est composée : des événements climatiques extrêmes, des changements critiques dans les systèmes terrestres, de la perte de biodiversité et de l’effondrement des écosystèmes, de la rareté des ressources naturelles, de la désinformation et des fausses informations, des résultats néfastes de l’IA. technologie, migration involontaire, cyber-insécurité, polarisation sociale, pollution. Cinq risques environnementaux, trois technologiques, deux sociaux. (ib.)

Dans la carte des interconnexions du risque mondial, les cinq risques les plus influents sont : la polarisation sociale, la récession économique, le manque d’opportunités économiques, la migration involontaire, la désinformation et les fausses informations. (ib.) Curieusement, les risques environnementaux sont perçus comme moins influents. est une sous-estimation, n’est-ce pas ?, étant la source d’où émanent la vie, l’énergie et les matières premières.

Juste pour illustrer ce point, il existe un risque de concentration géographique des minéraux critiques pour le développement de technologies propres, selon le rapport « Critical Materials Market Review 2023 » de l’AIE. (AIE, 12-2023)

Terres rares : USA avec 11%, Chine avec 68%, Australie avec 9%.88% contre 85% en 2019. Graphite : Chine avec 70%, Mozambique avec 12%, Madagascar avec 9%. 91 % contre 91 % en 2019. Lithium chimique : Australie avec 47 %, Chili avec 26 %, Chine avec 17 %. 90% contre 88% en 2019. Cobalt : Australie avec 3%, République Démocratique du Congo avec 74%, Indonésie 5%.82% contre 80% en 2019. Nickel : Russie avec 6%, Indonésie avec 49%, Philippines avec 10%. 65% contre 55% en 2019. Cuivre : Chili avec 24%, République Démocratique du Congo avec 10%, Pérou avec 11%. 35% contre 48% en 2019.

Dans le traitement

Terres rares : Chine à 90 %, Malaisie à 9 % et Estonie à 1 % 100 % contre 100 % en 2019. Graphite : Chine à 100 %. 100 % contre 100 % en 2019. Lithium : Chine avec 65 %, Chili avec 29 % et Argentine avec 5 %. 89 % contre 99 % en 2019. Cobalt : Chine avec 74 %, Finlande avec 10 %, Canada avec 4 %. 88 % contre 83 % en 2019. Nickel : Indonésie avec 43 %, Chine avec 17 %, Russie avec 5 %. 65% contre 54% en 2019. Cuivre : Chine avec 42%, Chili avec 9%, Japon avec 6%. 57% contre 56% en 2019.

Cette concentration se voit également dans les projets de raffinage de : Lithium chimique, Nickel et Cobalt. (ib.)

En ce qui concerne les mesures à prendre pour faire face à ces risques, le « Baromètre mondial de la coopération 2024 » (WEF, GCB-1-2024) présente l’historique (2012-2022) des indices de cinq domaines qu’il considère comme fondamentaux : le commerce et les capitaux, l’innovation et la technologie, le climat et le capital naturel, la santé et le bien-être, ainsi que la paix et la sécurité, qui mesurent l’action collaborative et le résultat de chacun d’eux à travers 42 indicateurs. Le développement de certains aspects importants du rapport va au-delà de la brièveté de cette réflexion, mais nous vous invitons à l’examiner.

Que faire?

Tout d’abord, réaliser une vaste étude dans les pays du « Sud » sur la perception du risque et sa priorité, à partir d’une liste de risques préalablement déterminée lors de consultations de groupes cibles.

Deuxièmement, ouvrir le débat national sur l’importance de ces risques dans l’immédiat, à court et à long terme.

Répétez les deux points précédents pour une zone d’Amérique latine et des Caraïbes. Nos priorités vont probablement changer.

Ensuite, il est important de comprendre que les risques économiques, technologiques, sociaux et géopolitiques sont une conséquence directe des actions humaines et que leur gestion devrait donc être une question de volonté politique des acteurs impliqués, tant dans les secteurs public que privé.

Quelle acceptation ces œuvres présentées auront-elles eu parmi les participants au forum et dans le monde ?