Lénine vivant

Avec quelles idées Vladimir Oulianov Lénine a-t-il fait passer le socialisme de l’utopie à la réalité et a ouvert la voie à toutes les véritables révolutions passées, présentes et futures ?

L’impérialisme

Depuis le milieu du XIXe siècle, le capitalisme a épuisé les possibilités et les marchés d’investissement dans ses pays d’origine, il est passé d’industriel à financier, de compétitif à monopolistique, et en alliance avec son État, il a traversé ses frontières pour en exploiter d’autres moins. pays forts et développés. À la suite de J. Hobson, dans Imperialism, the Higher Phase of Capitalism (1917), Lénine conclut que le capital tend à créer un système mondial : « Le capitalisme s’est transformé en un système universel d’oppression coloniale et d’étranglement financier de la grande majorité des peuples. la population de la planète par une poignée de pays « avancés ». Ce « butin » est partagé entre deux ou trois puissances rapaces de la puissance mondiale, armées jusqu’aux dents (États-Unis, Angleterre, Japon), qui, en partageant leur butin, entraînent le monde entier dans leur guerre. »

Au chapitre X, Lénine ajoute que « l’impérialisme, de par son essence économique, est un capitalisme monopolistique ». En effet, « Premièrement : le monopole est un produit de la concentration de la production à un niveau très élevé de son développement (…). Deuxièmement : les monopoles ont conduit à une conquête intensifiée des sources de matières premières les plus importantes, en particulier pour l’industrie fondamentale et la plus cartellisée de la société capitaliste : le charbon et l’acier (…) Troisièmement : le monopole est né des banques, qui, de modestes les sociétés intermédiaires qu’elles étaient auparavant, sont devenues des monopoles du capital financier (…) Quatrièmement : Le monopole est né de la politique coloniale. Aux nombreux « anciens » motifs de la politique coloniale, le capital financier a ajouté la lutte pour les sources de matières premières, pour l’exportation des capitaux, pour les « sphères d’influence », c’est-à-dire les sphères des transactions lucratives, des concessions, des profits monopolistiques, etc., et enfin pour le territoire économique en général. Dans la Préface, Lénine anticipe que « l’impérialisme est le prélude à la révolution socialiste ».

Le Parti Révolutionnaire

Contre cet adversaire mondial, les révolutionnaires doivent forger un nouvel instrument. Lénine soutient qu’il ne peut y avoir de révolution sans parti révolutionnaire, ni de parti révolutionnaire sans idéologie révolutionnaire. L’idéologie est le matérialisme historique exposé par Marx et Engels. Dans Que faire (1902), Lénine définit le nouveau Parti comme un corps de révolutionnaires professionnels : « Eh bien, j’affirme : qu’il ne peut y avoir 1) un mouvement révolutionnaire solide sans une organisation stable de dirigeants qui maintient la continuité. 2) Que plus la masse qui entre spontanément dans la lutte – et qui constitue la base du mouvement et y participe – est nombreuse, plus la nécessité d’une telle organisation sera impérative et plus elle devra être solide, car avec plus Il sera facilement possible aux démagogues de tous bords d’entraîner vers le bas les secteurs arriérés des masses. 3) Cela dit, l’organisation doit être formée, fondamentalement, par des hommes qui font de l’activité révolutionnaire leur métier. 4) Que dans un pays autocratique, plus nous limitons le contingent des membres de ladite organisation, en incluant uniquement ceux qui font de l’activité révolutionnaire leur métier et qui ont une formation professionnelle dans l’art de lutter contre la police politique, plus cela sera difficile être de « chasser » cette organisation. 5) Plus grand sera le nombre de personnes de la classe ouvrière et des autres classes de la société qui pourront participer au mouvement et y collaborer de manière active.
Ce parti sera gouverné par le centralisme démocratique : la plus grande liberté de débat interne, mais l’obligation pour tous les membres d’accepter la conclusion convenue à la majorité.

L’état

Que deviendra l’État une fois que la classe ouvrière aura pris le pouvoir ? Dans L’État et la révolution, Lénine rappelle que « Chaque État est une « force spéciale de répression » de la classe opprimée. Tout État n’est donc ni libre ni populaire. » Le Manifeste du Parti communiste proclame que « dès que, au fil du temps, les différences de classe auront disparu et que toute la production sera concentrée entre les mains de la société, l’État perdra tout caractère politique ». Cela n’implique pas qu’il doive être aboli au moment même du triomphe des travailleurs. Le Manifeste lui-même assigne des tâches nombreuses et essentielles à l’État révolutionnaire. Ce qu’il faut détruire, c’est l’État de la bourgeoisie. Lénine ajoute que « pour que l’État disparaisse complètement, il faut un communisme complet ». C’est-à-dire : « L’État peut s’éteindre complètement lorsque la société met en pratique la règle : « De chacun, selon sa capacité ; à chacun, selon ses besoins » ; c’est-à-dire lorsque les hommes sont tellement habitués à observer les normes fondamentales de la coexistence et lorsque leur travail est si productif qu’ils travaillent volontairement selon leurs capacités.

La dictature du prolétariat

Par la violence, les capitalistes exercent leur pouvoir ; le prolétariat doit l’enlever par la violence. Cette prise de pouvoir révolutionnaire sera celle de tous les pouvoirs : Exécutif, Législatif et Judiciaire. Puisqu’il n’y a pas de contradiction entre eux, cela constituera une dictature. Lénine le définit dans L’État et la Révolution comme : « l’organisation de l’avant-garde des opprimés en classe dirigeante dans le but d’écraser les oppresseurs… Une immense expansion de la démocratie, qui, pour la première fois, devient une démocratie pour les pauvres ». , démocratie pour le peuple et pas de démocratie pour les riches… et répression par la force, c’est-à-dire exclusion de la démocratie, pour les exploiteurs et les oppresseurs du peuple : tel est le changement que subit la démocratie pendant la « transition » du capitalisme. au communisme. »
Avec ces principes, Lénine a créé le premier État socialiste de la planète ; Avec eux triomphent les révolutions qui ont fait des pays arriérés les principales puissances mondiales, ainsi que celles à venir. Un siècle après son départ, Lénine est toujours en vie. L’oublier, c’est s’enterrer.