Le Venezuela présent au Wacken Open Air Metal Battle

Le rock metal national se prépare pour un événement tous azimuts. Le 21 février prochain, le Pérou sera le théâtre où le Venezuela cherchera son ticket pour la « Terre Sainte » du genre en Allemagne. Contrairement à l’année dernière, le national tricolore ne voyage pas avec un seul représentant, mais avec un double avant-poste : Visión Real (Maracay) et CERES (Puerto Ordaz).

Les deux groupes préparent les moteurs pour le chapitre régional de la compétition la plus importante au monde, où ils mesureront leurs forces face aux talents de la Colombie, de la Bolivie, du Chili, de l’Équateur et du pays hôte. L’objectif est clair : conquérir le trône sud-américain et représenter tout le continent dans le légendaire Wacken Open Air Metal Battle, la compétition musicale la plus prestigieuse et la plus ancienne du genre.

—L’année dernière, le groupe vénézuélien Vhill a été sacré champion d’Amérique du Sud. Pensez-vous que cette réussite antérieure exerce une pression supplémentaire sur vous ou, au contraire, sert-elle de motivation pour démontrer que le Venezuela est actuellement la puissance dans la région ?

—CERES (C) : Nous le ressentons plus comme une motivation que comme une pression. Vhill est un groupe frère, nos meilleurs amis sont là, nous appartenons à la même ville et à la même scène. Les voir sur scène au Wacken Open Air nous a fait dresser les cheveux sur la tête, c’était un moment de grande fierté. Sa réussite montre que de grandes choses de haut niveau peuvent être réalisées depuis le Venezuela. Pour nous, c’est une impulsion pour continuer à démontrer que le métal vénézuélien a beaucoup à dire dans la région.

—Real Vision (VR) : C’est définitivement un triomphe collectif. Cela sert à nous tous qui représentons la scène vénézuélienne, car lorsqu’un groupe parvient à sortir, le drapeau nous représente tous. Le fait que notre pays traverse des frontières aux sons lourds montre que, malgré les difficultés, le niveau de production et d’exécution reste ici orienté vers l’exportation.

—Visión Real est née en 2011 et a traversé plusieurs étapes. Comment ce son Rap Core a-t-il évolué depuis ses débuts pour devenir aujourd’hui l’étendard qui représentera le pays ?

—VR : Cela a été un processus de maturation constant. Nous avons évolué grâce à l’apport de chaque musicien qui a traversé nos rangs depuis que tout a commencé, chacun a laissé une marque sur le son actuel. Aujourd’hui, nous disposons de nouveaux équipements, d’une discipline de fer et d’années d’études qui nous permettent de sonner plus solidement, sans perdre notre essence.

—CERES vient de la même ville et de la même scène que Vhill, actuel champion régional. Comment vous engagez-vous à garder le « flambeau » allumé pour votre région et quels éléments distinctifs votre proposition apporte-t-elle cette année ?

—C : Pour nous, c’est une grande responsabilité et une énorme motivation. Ce que Vhill a réalisé nous pousse à vouloir donner le meilleur de nous-mêmes. Nous sommes très fiers de ce qui se construit à Ciudad Guayana et, avec une grande humilité, nous sentons que notre proposition a sa propre identité, avec beaucoup d’énergie et de caractère. Nous voulons contribuer à cette scène et inspirer d’autres groupes à croire qu’à partir d’ici, on peut aussi aller loin.

— Il ne reste que quelques mois avant la réunion de Lima. Quel est votre rythme de répétition actuel ?

—C : Nous sommes totalement concentrés sur la préparation, répétant constamment et nous occupant de la logistique du voyage. Musicalement, le travail se concentre sur le peaufinage de la setlist qui nous a amené à gagner à Caracas, mais sur la réflexion sur le spectacle dans son ensemble : comment se connecter avec le public et faire en sorte que chaque minute sur scène compte.

—VR : Nous ne laissons rien au hasard. En ce moment, nous peaufinons et perfectionnons chaque détail de la setlist qui nous a permis de gagner la bataille ici au Venezuela. Le but est de donner le meilleur de nous-mêmes, nous avons pour mentalité de montrer clairement de quoi sont faits les musiciens vénézuéliens.

« Représenter le Venezuela implique un grand effort logistique et économique. Quelles activités avez-vous à votre agenda pour couvrir vos dépenses ?

—C : Notre stratégie principale est une session en direct intitulée Vórtice, une expérience immersive créée pour briser le format traditionnel. Les billets sont en vente sur notre Linktree (linktr.ee/ceresbanve). La réponse du public a été très positive, nous avons reçu beaucoup de soutien et de bonnes vibrations, et cela nous motive à continuer à pousser.

—VR : La réceptivité a été incroyable. Nous organiserons un concert à Valence ce 31 janvier au Rock and Riff Bar. De plus, nous sommes ouverts aux alliances avec des marques qui souhaitent soutenir cet effort (contact : @visionrealmcy). Ressentir cette poussée du peuple et des marques alliées est ce qui nous donne la force d’aller à Lima.

—Si vous deviez définir en une seule phrase ce que votre groupe va dire au monde lorsqu’il montera sur scène à l’étranger, quelle serait-elle ?

—C : Nous venons d’un chemin difficile, mais plein de résilience. À partir de là, nous élevons la voix pour montrer que, même dans l’adversité, le Venezuela continue de créer, de résister et de rêver grand.

—VR : Notre expression définitive est « Vraie vision : la représentation de l’Amérique latine ». C’est plus qu’un slogan, c’est notre philosophie de vie : représenter le son de notre région avec fierté et vision globale.