Le Venezuela

Les manifestations contre le gouvernement de Duque se poursuivent en Colombie

Des dizaines de milliers de personnes manifestent ce samedi en Colombie pour la quatrième journée consécutive pour exiger le retrait d’une réforme fiscale qui punit les Colombiens au milieu de multiples plaintes pour abus de la force publique commis lors des manifestations.

L’annonce faite la veille par le président Iván Duque de reformuler le projet, en retirant les propositions les plus controversées, n’a pas calmé les revendications des manifestants.

«Il ne suffit pas de retirer la réforme. (C’était) la cerise sur le gâteau, mais toute la gestion qui a été donnée à la pandémie et tout ce qui s’est passé avec ce gouvernement a tout simplement explosé dans nos visages (…) nous sommes contre toutes les politiques de ce gouvernement « , a-t-il dit. a déclaré à l’AFP María Teresa Flores, philosophe de 27 ans de Bogotá.

Les syndicats, les étudiants, les autochtones et l’opposition sont à nouveau descendus dans les rues des principales villes à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, au rythme des cacerolazos.

« Il est incroyable que dans cette crise que nous vivons, cette violence que traverse le pays », un gouvernement décide « de mener une réforme fiscale (qui) finit par appauvrir davantage la population », a déploré Julián Naranjo, administrateur environnemental. , près de la place centrale de Bolívar à Bogotá.

Outre la capitale, les manifestations ont été fortement ressenties à Cali (sud-ouest) et Medellín (nord-ouest), ainsi qu’à Barranquilla, Carthagène (nord) et les villes intermédiaires.

Parallèlement aux manifestations, des émeutes ont éclaté dans le centre et le sud-ouest du pays.

En réponse, le gouvernement a décidé de militariser la ville de Cali (sud-ouest), capitale de 2,2 millions d’habitants de Valle de Cauca, avec l’arrivée de quelque 3 000 soldats et policiers.

Les Oenegés et l’opposition ont multiplié les plaintes concernant de graves violations des droits humains commises par les forces de sécurité lors des manifestations et des émeutes.

Pour le moment, le ministère de la Défense n’a reconnu qu’un seul décès et reste silencieux sur le nombre de civils blessés. Le bilan officiel montre 209 policiers blessés, un policier en uniforme décédé et 203 arrestations effectuées.

Mais le bureau du procureur a affirmé dans une conversation avec des journalistes qu’il enquêtait sur six homicides survenus pendant les manifestations pour vérifier « s’ils ont ou non à voir avec des troubles sociaux ».

Et le Médiateur, autonome, a mis en garde contre 179 civils blessés et deux morts à Neiva (centre) et à Bogotá.

Dans une demande d ‘ »action urgente » déposée au Congrès, 19 parlementaires de l’opposition ont signalé que quatre des décès auraient pu être causés par « les actions de la police ».

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