Le Venezuela

« Mon cœur allait exploser de tant de joie »

Sonny León, le jockey vénézuélien qui a remporté samedi dernier le 148e Derby du Kentucky avec Rich Strike, jouit d’une victoire qui semblait, selon ses propres mots, « presque impossible ».

« Mon coeur allait exploser de tant de joie », raconte León, 32 ans, dans un entretien téléphonique avec l’AFP depuis le Kentucky, quelques jours après avoir participé pour la première fois à cette classique équestre.

Il avait, dans les tribunes, une motivation particulière : sa fille d’un an et de deux mois était là.

« Ce n’était pas seulement gagner le Derby du Kentucky, mais avoir ma fille à mes côtés, parmi 145 000 personnes. C’était mon porte-bonheur, car c’était une course presque impossible à gagner et je l’ai gagnée », dit-il.

Un jour avant la course, León ne savait pas s’il serait sur la ligne de départ. Rich Strike, appelant 80-1, a été inclus vendredi pour l’élimination d’Ethereal Road.

«S’il y avait un scracht (abandon), le cheval pouvait entrer. Il y a eu cette tension toute la semaine : que si ça rentre, que si ça rentre pas… J’ai décidé de laisser ça à Dieu entre les mains », raconte-t-il.

A 9 heures vendredi, alors qu’il prenait son petit-déjeuner en famille, il a reçu un appel de l’entraîneur Eric Reed.

« Rêve » hérité

León a grandi à Quedrada de Apa, un petit village de l’État d’Aragua (nord du Venezuela). Là, il a hérité son amour pour les chevaux de son père, qui aimait l’équitation.

« Mon père voulait être jockey, mon grand-père ne l’a pas quitté car le métier est à risque et il s’est mis quelque chose dans la tête : quand il aura mon fils, s’il veut, qu’il soit jockey (…), qu’il fasse le rêve devenu réalité que je n’ai pas pu, dit-il.

« A 16 ans, je suis allé à Ciudad Bolívar (État de Bolivar, sud), il y avait une école là-bas, l’école Rancho Alegre, et j’ai commencé », poursuit-il en se remémorant une étape où il a rencontré l’un de ses mentors : José Antonio García, ancien cavalier connu sous le nom de « El Dandy » dans le monde équestre vénézuélien. « Il m’a appris. ‘Baisse tes mains, baisse tes talons, fais comme ça.’

Déjà en tant que professionnel, il a couru à La Rinconada, le principal hippodrome du Venezuela, et depuis 2015, il vit aux États-Unis.

« Sans regarder en arrière »

Il a remporté plus de 750 courses, selon Equibase, mais il n’avait jamais eu un triomphe d’une telle importance que le Kentucky Derby, le premier tour de la Triple Couronne des courses de chevaux américaines. Preakness Stakes (Baltimore, Maryland), le 21 mai, et Belmont Stakes (New York), le 11 juin, sont toujours au programme.

AFP

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