Le Brésil

où est la vérité ? – Revue USP

LALes universitaires, les consultants scientifiques, les bureaucraties spécialisées pourraient-ils contribuer à ce que le grand public puisse prendre des décisions face aux intérêts dominants ? Ceux qui prônent des politiques fondées sur des aspects controversés ne saperaient-ils pas la capacité des citoyens à prendre des décisions éclairées et à tenir les politiciens responsables des risques éventuels ?

La recherche de la vérité n’est possible que dans un contexte de liberté. Il n’y a pas de vérité officielle dans la science dont l’exercice suppose l’acceptation de la controverse. Les vérités officielles ont conduit Giordano Bruno au bûcher et Galilée à une fausse rétractation («eppur si vous déménagez‘); pourtant, ils continuent, comme une mauvaise herbe, à prospérer sur les cultivars les moins méfiants.

Le besoin de liberté et de controverse exclut l’une des situations les plus criantes aujourd’hui, qui réside dans l’incorporation monolithique de théories et de pratiques par des entités publiques et privées qui cherchent à justifier leurs activités au nom de la science pour gagner des profits ou rester au pouvoir, quoi qu’il arrive. cela peut être les valeurs invoquées par hasard.

Cependant, les universitaires et les scientifiques (qui sont censés utiliser le meilleur de leurs capacités pour diagnostiquer et résoudre les problèmes cruciaux de notre époque) sont utilisés, selon Johan Christensen (Université de Leiden), pour maintenir le « statu quo », ou pire encore, ils seraient de mèche avec le système, sous la forme de « science-business ».

L’auteur cité met en garde contre les spécialisations qui font partie et servent à légitimer les discours dominants : « la science économique est utilisée pour légitimer le régime néolibéral des intérêts gouvernementaux et commerciaux ; les experts de la santé promeuvent une approche médicamenteuse des problèmes de santé et augmentent les bénéfices des entreprises pharmaceutiques.

L’un des domaines fertiles de la « science-business » est lié aux innombrables innovations technologiques, qui, du seul fait qu’elles se présentent comme telles, sont revêtues de caractères quasi divins, se consacrent et, répugnant à la critique, ne sont pas responsables d’éventuels risques que le principe de précaution impliquerait dans sa généralisation.

Comme le rappelle Christoph Zollikofer (Université de Zürich) : « Les humains vivent aujourd’hui à l’ère de leur reproductibilité technique, et le développement rapide du génie génétique suscite de profondes craintes : perdons-nous notre individualité ? Tout cela est-il encore naturel ? Et qui devrait finalement déterminer ce qui peut et doit être fait et selon quels critères ? »

David Schnaiter (Université d’Innsbruck) attire l’attention sur les institutions, les entreprises, les gouvernements, les entreprises, les organisations, les partis politiques, les universités, les États, les groupes d’intérêts, les associations et tous les autres collectifs qui jouent différents rôles dans la socialisation des êtres humains pour se conformer à la réalité auquel nous croyons et vivons.

Les relations établies dans les réseaux sociaux (numériquement plus larges, mais superficielles et transitoires) pourraient-elles remplacer les relations réelles (numériquement plus petites, mais cohérentes et durables) ? Seraient-ils capables de développer des mentalités critiques face aux enjeux essentiels liés aux modes de vie contemporains et à leurs conséquences environnementales ?

Ces caractéristiques ont des conséquences sociales, culturelles et psychologiques. Le fait qu’un grand nombre de personnes intègrent les réseaux sociaux les place dans la moyenne des mentalités qui les composent, à un bon sens discutable, ce qui réduit la construction d’un point de vue critique par rapport aux problèmes de notre époque et de l’actualité état du monde.

Après tant d’années de communication « en ligne », les dévotions qui en résultent n’ont pas entraîné de transformations significatives dans les manières d’être au monde, dont le changement, dans la société en général, dépendra de nouvelles niches socioculturelles pour comprendre et tenter de changer les relations dérivés des modèles de vie actuels : croissance, pouvoir, richesse et développement.

La régénération de la nature et la régénération de l’espèce humaine sont interdépendantes. Rien ne peut être fait tant que les êtres humains, enchantés par l’apparente corne d’abondance des ressources naturelles et technologiques, croient qu’elle leur procurera tous les bienfaits, alors que c’est exactement le contraire et que les résultats sont là : épidémies, famine, guerre et décès.

Les nouvelles visions dépendent des contextes politiques, économiques, sociaux et culturels qui les soutiennent ou s’y opposent. Les problèmes sont interconnectés et il ne peut y avoir de solution à aucun d’entre eux sans les aborder simultanément. Les enjeux sont concurrents et leur articulation repose sur une vision systémique pour favoriser leur intégration et leur systématisation.

Le processus implique des aspects thématiques (ce qui est en jeu), épistémique (comment comprendre les choses) et pragmatique (qui, quand, où). Les changements impliquent la combinaison de quatre dimensions de l’être au monde, dont la combinaison est essentielle : intime (aspects personnels), interactive (réseaux et groupes), sociale (politique, économique) et environnementale (environnement naturel et bâti).

Les facteurs intervenant sont la croissance démographique, l’urbanisation, la migration ; changement climatique et dégradation de l’environnement; la raréfaction et la demande mondiale de ressources ; changement technologique accéléré; les changements de pouvoir dans l’économie mondiale et le paysage géopolitique ; les différentes valeurs, modes de vie et approches du gouvernement.

Les approches, en termes de politique publique, de plaidoyer, de communication, d’enseignement et de recherche, doivent se concentrer sur les racines des problèmes, en contemplant le phénomène général (le chaudron effervescent) et non les particularités (les bulles de surface), selon les gros titres du jour , des intérêts des groupes politiques et économiques qui cherchent à maintenir leur domination et à imposer leur vision du monde.

Dans ces circonstances, en tant que personnes, professionnels et citoyens, nous devons continuer à contribuer au débat, aux discussions, aux rencontres, aux engagements, à la coordination, à l’analyse, à la synthèse, à l’évaluation, aux devoirs et aux droits que les innombrables tâches liées à la condition d’être au monde se présentent à nous, individuellement et collectivement, en agrégeant les efforts et en restant toujours alertes et vigilants.

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