De Porteñazo à aujourd’hui

Nous sommes le 02juin-1962. Depuis l’après-midi de la veille, un temps étrange a été observé sur la base navale de Puerto Cabello. On savait qu’un événement approchait qui pourrait être considéré comme une continuation de celui qui a eu lieu le 4 mai à Carúpano et qui a été vaincu par le recours à une répression meurtrière.

Mais au petit matin, bien que certaines stations évoquent une atmosphère d’insurrection qu’elles qualifient de subversive, à l’intérieur de la base règne le malaise et même le regret. La direction du mouvement prévient qu’aucune des forces en présence n’a manifesté. Et avec cela, les possibilités de l’insurrection précédemment planifiée ont été supprimées, même avec leurs serments correspondants.

Face à cette absence, le soulèvement passe au niveau de la survie et de la défense de leurs biens. Impossible d’avancer. Les chances de victoire sont lointaines, car la guerre de position n’est ni offensive ni compromettante. Accord d’appel, négociation ou arrangement.

Vers 16 heures, la direction du mouvement s’accorde avec les dirigeants du PCV et du MIR pour la libération des prisonniers par la guérilla insurrectionnelle, afin qu’ils partent au combat lorsqu’il faut « jeter le reste ». Mais au moment de franchir ce pas, une condition est posée : ce qui n’a pas sa place ici, dit clairement le capitaine Pedro Medina Silva, ce sont les slogans pro-cubains. Le nôtre est un mouvement nationaliste engagé dans la lutte pour la démocratie et non pour une quelconque dictature. Nous ne sommes pas et ne serons ni socialistes ni communistes.

Lorsque les forces de la « répression démocratique » s’abattent sur Puerto Cabello, les pertes s’intensifient. A l’aube, un express en quête de refuge a été retrouvé marchant matériellement sur des cadavres dans les territoires de l’ancienne gare. Le mitraillage généralisé du 3 augmente le bilan et annonce la défaite définitive.

Le mouvement était dirigé par les officiers Manuel Ponte Rodríguez, Pedro Medina Silva et Victor Hugo Morales, entre autres. Le complot continuerait. Et le 04F et le 27N-92 entretiennent le complot putschiste qui a l’existence même de notre soi-disant république libre, indépendante et souveraine.

Sancho : Aujourd’hui, 60 ans après, certains voient le 02juin-62, non plus des aventures ou des improvisations, comme vivantes et nécessaires et d’autres comme inutiles car la révolution est déjà arrivée !

L’entrée De Porteñazo à aujourd’hui a été publiée pour la première fois dans Últimas Noticias.

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